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COM58 : Les questions liées à la dette au cœur des débats à Tanger

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

Entre le 28 mars et le 3 avril 2026, la Ville du Détroit accueillera la 58ème session de la Conférence des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique (COM58). L'accord de siège, paraphé le 22 janvier dernier à Rabat par la ministre marocaine Nadia Fettah et le secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, scelle une alliance de circonstance ; celle d'un continent qui refuse de subir la dictature des taux d'intérêt mondiaux.

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À Tanger, l'Afrique ne viendra pas seulement exposer ses difficultés ; elle entend porter une voix collective et coordonnée pour exiger une réforme structurelle de l'architecture financière mondiale, transformant le leadership marocain en un catalyseur de solutions souveraines.

L'enjeu de ce sommet dépasse les simples colonnes budgétaires. Au-delà de la question de la dette, les discussions s'articulent autour de l'intégration par les infrastructures. Les échanges entre Claver Gatete et le ministre marocain du Transport, Abdessamad Kayouh, ont déjà posé les jalons d'une coopération renforcée dans le ferroviaire et la logistique. Le modèle marocain, qui ambitionne de porter la capacité de ses aéroports de 34 à 80 millions de passagers d'ici 2030, est érigé en exemple de connectivité régionale. Pour la CEA, le développement de réseaux de mobilité intégrés (du rail au transport aérien) est le levier indispensable pour que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) devienne une réalité palpable et non une simple pétition de principe.

La sécurité alimentaire s'invite également au cœur de l'agenda de Tanger. En sa qualité de géant mondial des phosphates, le Maroc occupe une position stratégique pour l'approvisionnement du continent en engrais. Cette force de frappe industrielle est vue par la CEA comme un atout majeur pour stabiliser les économies africaines face aux chocs extérieurs. La souveraineté alimentaire est indissociable de la souveraineté financière ; réduire les importations de denrées de base est le premier pas vers un allègement naturel de la pression sur les devises et, par extension, sur la dette souveraine.

En accueillant la COM58, le Maroc confirme son rôle de pont entre les institutions onusiennes et les réalités du terrain africain. La CEA, créée en 1958 et pilotée depuis Addis-Abeba, trouve à Tanger un écho particulier pour ses missions d'intégration. Les ministres des 54 pays membres devront y transformer l'expertise technique de la Commission en décisions politiques audacieuses. L'objectif final de cette session de mars  est de passer d'une Afrique assistée à une Afrique actrice de sa propre transformation, capable de négocier d'égal à égal avec ses partenaires internationaux grâce à un front financier uni.


BCN

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