Filière maïs : La surproduction fait chuter les prix dans le Septentrion
Dernière mise à jours il y'a 2 heuresDans une inversion brutale des cycles habituels, ce n’est pas la pénurie qui terrorise les campagnes, mais une profusion devenue toxique pour les bourses paysannes. Le maïs, pilier de la survie et principale source de revenus pour des millions de familles, s'est transformé en un fardeau financier.
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Dans les marchés de Garoua et de Maroua, le sac de 100 kg, qui s'échangeait encore à 17 000 FCFA l'an dernier, a vu son prix s'écraser pour atteindre péniblement la barre des 8 000 à 10 000 FCFA. Cette déflation sauvage, loin d'être un cadeau pour le consommateur, agit comme un garrot sur une économie rurale déjà exsangue, révélant les failles béantes d'un système de régulation qui semble avoir abandonné ses agriculteurs au bord du chemin.
L'origine de ce séisme économique réside dans une conjonction de facteurs climatiques et commerciaux particulièrement instables. Si la pluie a été généreuse, elle a apporté avec elle une surproduction que les infrastructures locales ne peuvent plus absorber. À cela s'ajoute l'effet pervers des restrictions d'exportation vers le Nigeria voisin, dont la monnaie dépréciée freine les échanges transfrontaliers traditionnels. Résultat : les stocks s'accumulent et pourrissent dans des greniers de fortune. Sans prix plancher garanti par l'État, les petits exploitants se retrouvent livrés à la merci de spéculateurs qui profitent de l'absence de capacités de stockage pour racheter les récoltes à des prix dérisoires. En 2026, l’abondance n'est plus une bénédiction, mais une condamnation à la vente à perte.
Le fardeau est double pour les paysans, car si le prix de vente s'effondre, le coût de production, lui, n'a jamais été aussi élevé. L'accès aux engrais reste un luxe, avec des importations qui ont progressé malgré les promesses de souveraineté. Entre des sols appauvris exigeant toujours plus d'intrants et une main-d'œuvre de plus en plus onéreuse, le seuil de rentabilité a été franchi depuis longtemps. Les dettes contractées en début de saison auprès des coopératives ou des usuriers locaux s'accumulent désormais sans espoir de remboursement, menaçant la survie même des exploitations familiales qui constituent le socle de la stabilité du Grand-Nord.
Face à cette crise de croissance qui ne dit pas son nom, le regard des populations se tourne vers Yaoundé. Malgré un budget 2026 en nette progression, doté de plus de 8 800 milliards de FCFA, les mécanismes de soutien à l'agriculture septentrionale semblent tarder à se concrétiser sur le terrain. L'Office Céréalier, dont le rôle est de stabiliser les cours, dispose d'une capacité de stockage limitée à 48 800 tonnes, bien loin du surplus actuel qui se chiffre en centaines de milliers de tonnes. En ce début d'année, l'urgence n'est plus seulement de produire davantage, mais de protéger ceux qui nourrissent le pays. Si une intervention massive n'est pas déclenchée avant la période de soudure de mars 2026, le découragement des paysans pourrait entraîner un abandon massif des cultures, préparant ainsi le terrain pour une pénurie alimentaire sans précédent l'an prochain.
Ndjomo Carlos
Floyd Miles
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