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RDC ; Glencore explore le secteur du cuivre

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

Dans un rapport de production publié le jeudi 29 janvier 2026, la firme de Baar a dévoilé une stratégie qui s'apparente à une véritable mue industrielle. Le cuivre est désormais le nouveau roi, tandis que le cobalt, jadis vedette de la transition énergétique, est relégué au rang de variable d'ajustement.

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Ce basculement s'opère dans un contexte de bras de fer administratif avec Kinshasa, marqué par des quotas d'exportation drastiques et des embargos à répétition qui ont laissé des milliers de tonnes de minerais dormir dans les entrepôts congolais. Glencore ne veut plus seulement extraire ; il veut vendre là où la valeur explose, quitte à stocker son excédent de cobalt pour ne pas saturer un marché déjà convalescent.

La décision de prioriser le métal rouge repose sur une équation économique implacable. Sur le London Metal Exchange (LME), le cuivre a franchi un sommet historique jeudi, s'échangeant à 14 527 dollars la tonne. Porté par une envolée de 40 % l'an dernier et la soif insatiable des infrastructures liées à l’intelligence artificielle, à la robotique et aux centres de données, le cuivre est devenu le carburant indispensable de la modernité technologique. Contrairement au cobalt, dont l'exportation reste bridée par des quotas (Glencore ne pourra expédier que 22 800 tonnes en 2026, incluant les reliquats de 2025), le cuivre bénéficie d'un boulevard commercial sans aucune restriction de volume en RDC. En 2025, les mines de Katanga Mining (KCC) et Mutanda ont déjà livré 247 800 tonnes de cuivre, une progression de 10 % qui ne semble être qu'un avant-goût de l'offensive prévue pour 2026.

Pourtant, cette transition vers le « tout cuivre » n'est pas sans embûches techniques. Le cobalt étant, dans 99 % des cas, un sous-produit du cuivre ou du nickel, Glencore se retrouve face à un casse-tête opérationnel : comment extraire davantage de cuivre sans accumuler des montagnes de cobalt invendable ? La réponse du groupe suisse est pragmatique : le stockage massif. Face à une demande de cobalt contrariée par des excédents mondiaux et des prix déprimés en 2025, le groupe préfère jouer la montre. Les autorités congolaises, bien qu'ayant levé l'embargo total d'octobre 2025, maintiennent une pression ferme sur les volumes exportables pour stabiliser les cours. Glencore a d'ailleurs choisi de ne fournir aucune prévision chiffrée pour le cobalt en 2026, invoquant des « incertitudes trop grandes » pour garantir la fiabilité de ses annonces.

À l'horizon 2035, les analystes de Goldman Sachs projettent un cuivre à 15 000 dollars la tonne, une prédiction que le marché semble vouloir rattraper. Pour Glencore, l'enjeu en RDC est désormais de maximiser ses capacités d'extraction sur ses sites phares tout en naviguant dans les méandres de la régulation minière de Kinshasa. Si le groupe prévoit de produire jusqu'à 870 000 tonnes de cuivre à l'échelle mondiale cette année, c'est bien dans le sous-sol congolais que se jouera sa rentabilité. Dans ce grand échiquier minier, le cobalt est devenu le pion sacrifié pour permettre au roi cuivre de régner sans partage sur le bilan financier du géant suisse.


BCN

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