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Prolog : La Banque mondiale suspend de moitié le financement

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

La mission de revue à mi-parcours, qui se tient du 2 au 6 février, ressemble à un tribunal de la performance budgétaire. Le verdict est tombé dans une correspondance datée du 20 janvier : le Projet de gouvernance locale et de communautés résilientes (Prolog) s'apprête à être amputé de la moitié de son financement initial. Ce sont 90 milliards de FCFA, soit 150 millions de dollars, qui s'apprêtent à être retirés d'une enveloppe globale de 180 milliards.

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La froideur des chiffres rapportés par les experts de Bretton Woods est sans appel. Au 30 novembre 2025, seulement 9 % des crédits avaient été consommés, soit un maigrelet 15,8 milliards de FCFA sur les 180 prévus. Alors que le projet est opérationnel depuis mars 2024, le rythme actuel de décaissement rend physiquement impossible l'absorption des fonds restants avant la clôture fixée à septembre 2027. Plus grave encore, le bulletin de santé technique du Prolog est alarmant : huit indicateurs de performance sur neuf sont jugés "insatisfaisants". Entre la lenteur de la passation des marchés et l'absence de livrables concrets, le projet s'est embourbé dans un marais bureaucratique où chaque étape de validation devient un goulot d'étranglement.

Toutefois, cette suspension ne doit pas être interprétée comme une perte sèche définitive pour le Trésor camerounais. Dans un jeu de chaises musicales budgétaire, le gouvernement a sollicité une "reprogrammation" de ces 90 milliards vers d'autres secteurs prioritaires capables de produire des résultats immédiats. La Banque mondiale se dit favorable à ce transfert, à condition que le pays présente un plan de restructuration cohérent. L'enjeu de la mission actuelle est donc double car il s’agit de sauver ce qui peut l'être du Prolog en réduisant son périmètre à ce qui est réellement exécutable d'ici 2027, et sanctuariser le reste des fonds vers des projets plus dynamiques, probablement dans les secteurs sociaux de base.

Les causes de ce naufrage financier sont désormais identifiées. La coordination du projet pointe du doigt la complexité des procédures de "non-objection" imposées par le bailleur de fonds, tandis que la Banque mondiale souligne le manque de célérité des communes et régions dans la signature des conventions. Cette décentralisation, censée rapprocher le développement des populations de l'Adamaoua, de l'Est ou de l'Extrême-Nord, semble s'être heurtée au manque de capacités techniques des acteurs locaux.


Bernardo

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bernardo carlos ndjomo
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