Actu Eco » Business and coorporation

Exportations : Le classement des destinations au départ des ports de Kribi et Douala

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

Selon les dernières données du Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC), onze pays seulement captent désormais 84 % de la valeur de nos marchandises. Si les Pays-Bas gardent jalousement leur couronne, le Bangladesh et les États-Unis bousculent la hiérarchie traditionnelle, formant un trio de tête qui dicte le rythme de nos quais.

Lire aussi : Marché de l'emploi : Un secteur en mal de performance.

Dans ce jeu d'influence commerciale, le cacao s'impose comme le grand ordonnateur, transformant chaque mouvement de grue en une promesse de devises, tout en nous liant plus étroitement que jamais aux humeurs de la consommation mondiale.

La domination des Pays-Bas reste insolente avec une valeur d'expédition atteignant 41,6 milliards de FCFA au deuxième trimestre 2025, soit une progression fulgurante de 39 %. Le port de Rotterdam demeure l'entonnoir privilégié du cacao camerounais, dont les fèves pèsent à elles seules 26,07 milliards de FCFA dans les échanges avec Amsterdam. À l'opposé, le Bangladesh, autrefois solide dauphin, accuse un repli marqué de 24 % pour s'établir à 36 milliards de FCFA. Ce retrait profite directement aux États-Unis, qui s'emparent de la troisième marche du podium avec une hausse stratosphérique de 153 %. Cette percée américaine est le fruit d'une mutation structurelle : l'Oncle Sam ne se contente plus de bois débité (1,7 milliard), il raffole désormais de notre pâte de cacao transformée, dont les exportations ont bondi à 28,09 milliards de FCFA.

Cette recomposition du panier d'exportation marque un tournant historique pour le Cameroun. En ce premier semestre 2025, les recettes d'exportation ont progressé de 215,2 milliards de FCFA, essentiellement portées par l'agro-industrie. Pour la première fois de l'ère moderne, le cacao détrône les hydrocarbures, représentant 42,94 % des recettes totales, contre seulement 21,28 % pour le pétrole brut. Cependant, cette "cacao-dépendance" fragilise l'édifice. Alors que les cours mondiaux ont connu des sommets inédits en 2024 et début 2025, les signaux du marché en novembre dernier indiquaient déjà une chute des prix bord champ de 500 à 600 FCFA le kilo. La volatilité internationale reste l'épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos ports, rappelant que la fortune de Douala et Kribi reste liée à l'équilibre précaire entre l'offre ouest-africaine et la demande des chocolatiers européens et américains.


Face à ces trajectoires contrastées, où la France progresse de 26 % grâce aux beurres de cacao tandis que la Belgique recule de 13 %, le défi de 2026 demeure celui de la diversification. L'hégémonie de ce trio de tête (Pays-Bas, Bangladesh, USA) souligne l'urgence d'élargir nos débouchés pour ne plus être les otages d'un seul secteur ou d'un nombre restreint de partenaires. Si le cacao reste le moteur, le bois débité et le coton fibre (dont la transformation locale doit atteindre 50 % cette année selon les objectifs gouvernementaux) apparaissent comme les relais indispensables pour stabiliser la balance commerciale.


BCN

bernardo2
bernardo carlos ndjomo
5 0

Commentaire(s) du post

Nous sommes ravis que vous souhaitiez laisser un commentaire sur notre site. Pour nous aider à maintenir un environnement respectueux et constructif, nous vous invitons à fournir votre nom, prénom et adresse e-mail. Cela permettra également de créer une communauté engagée et authentique. Nous apprécions votre contribution et nous avons hâte de lire votre commentaire. Merci d'avance!

Africa First Club

Inscrivez vous à notre Newsletter

© Africa First Club. All Rights Reserved. Design by Brice eyebe