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Formation professionnelle : L'Enseignement technique aux abois

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

Ce diagnostic, lève le voile sur un système où la manipulation des outils et la résolution de problèmes concrets sont confiées à des mains certes volontaires, mais techniquement non validées. Cette zone d'ombre pédagogique ne constitue un péril pour la compétitivité d'une jeunesse censée porter l'émergence nationale.

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L'analyse fouillée du Minefop révèle une structure du corps enseignant aux antipodes de la stabilité souhaitée. Si l'on scrute les chiffres, le paradoxe s'accentue : sur les 3 781 formateurs titulaires de hauts diplômes (Master II ou Doctorat), une écrasante majorité de 60 % reste confinée dans la précarité du statut de vacataire. Cette "vacatisation" outrancière est particulièrement criante dans le secteur privé laïc, qui mobilise 6 909 vacataires pour seulement 3 893 permanents. À l'opposé, le secteur public semble mieux tenir la rampe avec 1 527 permanents contre 422 vacataires, témoignant d'une organisation plus rigoureuse du personnel. Cette prédominance de l'emploi précaire dans le privé est le reflet d'un modèle économique fondé sur une flexibilité excessive et une volonté farouche de réduction des charges salariales, au détriment d'un engagement pédagogique à long terme.

Les conséquences de cette hétérogénéité des profils commencent à peser lourdement sur la standardisation de l'offre de formation. Le ministère pointe du doigt une instabilité chronique dans la disponibilité des enseignants et une absence de formation continue qui freinent l'harmonisation des méthodes d'apprentissage. Alors que 46 % des places disponibles dans les établissements techniques restaient désespérément inoccupées l'année dernière, le lien entre la désaffection des apprenants et le manque de qualification des formateurs devient indéniable. L'élève, en quête de technicité pure, se retrouve face à un dispositif dont la qualité est diluée par un turn-over incessant et des pratiques pédagogiques disparates.

Face à cette érosion de la crédibilité de l'enseignement technique, l'administration a décidé de passer à l'offensive. La perspective pour le reste de l'année 2026 est claire : un assainissement radical et une professionnalisation accrue de l'offre privée. Le Minefop prévoit de muscler le cadre de régulation et de supervision pour s'assurer que chaque profil derrière un pupitre ou un établi réponde aux exigences du marché de l'emploi. Cette série d'efforts vise à structurer durablement le secteur afin qu'il devienne un véritable levier de développement des compétences. L'heure n'est plus à l'ajustement opportuniste, mais à une refonte qui place la certification au cœur du dispositif, seule garantie pour que le label "formé au Cameroun" retrouve son prestige industriel.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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