Habitat : Les logements sociaux enregistrent un déficit de réalisation de 78 %
Dernière mise à jours il y'a 2 heuresLes grandes métropoles camerounaises étouffent sous une pression démographique sans précédent, le rêve de la propriété immobilière s'éloigne pour des millions de citoyens.
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Selon les informations du ministère de l’Économie, en cinq ans, le pays n'a réussi à extraire de terre que 3 600 unités d'habitation, là où les promesses de la Stratégie Nationale de Développement (SND30) en annonçaient 17 000. Ce différentiel vertigineux de 13 400 logements manquants ne traduit pas seulement un retard de chantier ; il expose une faille systémique dans la chaîne de production de l'habitat social. Avec seulement 21,2 % des objectifs atteints, le Cameroun ne construit pas des logements, il gère une pénurie qui alimente une exclusion résidentielle de plus en plus explosive.
L'analyse de ce fiasco opérationnel révèle un paradoxe financier insoutenable. Si l’État se félicite d'avoir fait passer la proportion de la population vivant dans un habitat décent de 40 % à 47 % en cinq ans, cette embellie de façade masque une inaccessibilité cruelle. Proposer un logement "social" au prix plancher de 17 millions de FCFA (ou un loyer mensuel de 50 000 FCFA) dans un pays où le SMIG plafonne péniblement à 60 000 FCFA relève de l'acrobatie économique, voire du déni social. Pour le travailleur moyen, l'achat d'un appartement relève désormais de la science-fiction, car même subventionnés, ces logements exigent des garanties et des revenus qui les propulsent directement dans l'escarcelle de la classe moyenne supérieure, détournant ainsi l'esprit originel du programme.
Sur le plan technique, les bras séculiers de l'État (la SIC, le Crédit Foncier et la Maetur) semblent emmêlés dans des contraintes foncières et financières qui paralysent leur force de frappe. Bien que la SND30 prône l'usage des matériaux locaux pour réduire les coûts, la dépendance au ciment et au fer d'importation reste la norme sur les sites d'Olembe et de Mbanga-Bakoko. Le déficit global, qui culmine à 2,5 millions d'unités à l'échelle nationale, ne pourra être résorbé par de simples effets d'annonce. La stagnation du parc immobilier neuf, qui n'a gagné que 1 100 unités entre 2020 et 2025, témoigne d'un essoufflement du modèle actuel de promotion publique, incapable de suivre la cadence d'une urbanisation galopante.
Pour rectifier le tir, l'exécutif tente une manœuvre de dernière chance : l'ouverture massive du foncier au secteur privé. L'aménagement de 10 hectares à Douala au profit des promoteurs immobiliers est le premier jalon d'une stratégie de "sauvetage" visant à diversifier l'offre. Mais au-delà de la disponibilité des terres, c'est la restructuration profonde des mécanismes de financement qui est attendue. Sans une refonte du Crédit Foncier pour proposer des taux réellement bonifiés et sans une industrialisation de la brique de terre stabilisée, le mur du déficit continuera de s'élever, condamnant la majorité des Camerounais à l'informalité urbaine. L'heure n'est plus à la célébration des 3 600 clés remises, mais à la remise en question d'une politique qui, pour l'heure, construit des murs là où elle devrait bâtir des ponts vers la dignité.
Ndjomo Carlos
Floyd Miles
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