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CONGO : Le ratio d’endettement toujours au dessus des critères de convergence Cemac

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

Si le Trésor public congolais affiche une mine décontractée face à une décroissance de sa dette, l’ombre du gendarme régional plane toujours. Selon la toute récente « Stratégie de gestion de la dette à moyen terme » publiée par le ministère des Finances, le pays a réussi le tour de force de ramener son taux d'endettement à 74,11 % du PIB fin 2025, contre plus de 80 % l'année précédente.

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Une respiration bienvenue, certes, mais qui ne suffit pas encore à franchir la ligne rouge des 70 % imposée par les critères de convergence de la CEMAC. À Brazzaville, le soulagement est donc teinté d'une rigueur imposée : le pays est certes sur la bonne pente, mais il demeure, aux yeux de la communauté, dans la zone des turbulences financières.

Cette embellie statistique n'est pas le fruit du hasard, mais d'un effet de ciseaux savamment orchestré. D'une part, le stock global de la dette a fondu de 2,49 %, pour se stabiliser à 7 229,63 milliards de FCFA. D'autre part, la machine économique a passé la vitesse supérieure avec une croissance du PIB bondissant à 3,1 % en 2025. Cette accélération de l'activité a permis de diluer mécaniquement le poids des engagements financiers dans la richesse nationale. Toutefois, le cœur de l'ardoise congolaise bat au rythme domestique car, la dette intérieure représente désormais 61,11 % de l'encours total. Ce levier, dominé par les titres publics et les engagements envers la BEAC, constitue le véritable moteur de la stratégie de financement actuelle, illustrant une volonté de souveraineté monétaire face aux soubresauts du marché international.

À l'extérieur, la géographie des créanciers reste classique mais solide. Avec un encours de 2 811,62 milliards de FCFA, la dette externe voit les partenaires bilatéraux et multilatéraux se partager la part du lion, pesant ensemble près de 89 % du stock étranger. La dette commerciale, autrefois source d'inquiétudes majeures, est désormais reléguée à une portion congrue de 11,19 %. Cette structuration offre au ministère des Finances une marge de manœuvre inédite pour piloter son nouveau plan triennal 2026-2028. L'objectif est d’identifier le scénario de couverture le plus résilient face aux fluctuations des taux d'intérêt et de change qui agitent la finance mondiale en ce premier trimestre 2026.

Le cap est désormais mis sur l'horizon 2028 avec une stratégie jugée « robuste » par les autorités. Le gouvernement privilégie désormais un mix entre financements commerciaux extérieurs et intérieurs pour ramener, enfin, le ratio dette/PIB sous le seuil communautaire, avec une cible ambitieuse de 68,39 %. Ce choix tactique vise à maintenir la charge d’intérêt à un niveau historiquement bas de 3,22 % du PIB tout en limitant l'exposition aux devises étrangères. Pour Brazzaville, l'enjeu de ce nouveau cycle n'est plus seulement de rembourser, mais d'assainir durablement son profil de risque pour transformer cette décrue en un véritable levier d'investissement productif. Le Congo ne veut plus seulement être un bon élève de la CEMAC ; il ambitionne de devenir le modèle d'une résilience financière retrouvée.


BCN

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