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Tchad : Les banques durcissent les conditions d'octroi de crédit

Dernière mise à jours il y'a 6 jours

L'étau se resserre sur l'économie tchadienne, imposant une cure de sobriété forcée aux agents privés. Les données consolidées de la BEAC révèlent qu’au premier trimestre 2025, l'enveloppe globale des nouveaux crédits a baissé de 27,5 % en glissement annuel, s'établissant à 168,5 milliards FCFA.

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Cette contraction massive de l'offre, qui atteint même 41,2 % par rapport au dernier trimestre de l'année précédente, traduit une mutation profonde des stratégies bancaires à N'Djamena. Entre envolée des Taux Effectifs Globaux (TEG) et repli stratégique sur le court terme, le secteur financier tchadien privilégie désormais la gestion du risque et la liquidité immédiate, au détriment du financement des investissements structurants nécessaires à la diversification du pays.

La cartographie de cette décrue financière met en lumière une concentration oligopolistique du marché. Six établissements dominent le paysage, avec en tête la Commercial Bank Tchad (CBT) qui capte 26,23 % de la distribution, suivie de Coris Banque (15,52 %) et de la BSIC (14,43 %). Malgré cette présence institutionnelle, le robinet du crédit se tarit pour les segments les plus vulnérables. Les PME, véritables moteurs de l'emploi, voient leurs concours bancaires chuter à 50,6 milliards FCFA, tandis que les grandes entreprises enregistrent également un recul de leur exposition à 93,2 milliards FCFA. Les particuliers ne sont pas épargnés par cette rigueur : leurs crédits ont diminué de 14,03 %, freinés par un coût du loyer de l'argent pour la consommation qui culmine désormais à un taux moyen de 17,45 %.

L'analyse de la maturité des engagements bancaires confirme la posture défensive des prêteurs. En 2026, plus de 85 % des crédits octroyés sont des concours à court terme, laissant les investissements de moyen et long terme (respectivement 7,23 % et 7,71 %) dans une zone de marginalité préoccupante. Paradoxalement, si le secteur privé subit une hausse des taux, les administrations publiques bénéficient d'un léger assouplissement avec un taux ramené à 6,09 %. Cette sélectivité accrue des banques, opérant dans un environnement marqué par l'incertitude macroéconomique, pourrait induire un ralentissement de l'activité non pétrolière. Sans une détente des conditions financières ou l'activation de mécanismes de garantie étatiques plus robustes, le tarissement des flux de crédit risque de transformer ce resserrement conjoncturel en une stagnation structurelle durable.


Ndjomo Carlos

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