Gabon : La transformation locale du manganèse comme niche de développement
Dernière mise à jours il y'a 10 heuresL’ambiance des échanges entre le gouvernement et le groupe Eramet-Comilog a pris une tournure résolument contractuelle. Sous la houlette de Sosthène Nguéma Nguéma, ministre des Mines, le Gabon a signifié à son partenaire historique que la poursuite de l'exploitation du manganèse est désormais indissociable d'une industrialisation locale immédiate et quantifiable.
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Ce n'est plus une intention, c'est un impératif de souveraineté car, le minerai ne doit plus être une simple marchandise de transit, mais le socle d'une chaîne de valeur nationale. En exigeant un calendrier opérationnel strict, Libreville transforme les engagements politiques pris avec Paris en novembre 2025 en un véritable cahier des charges industriel, marquant une rupture avec le modèle d'exportation primaire.
Cette offensive s'appuie sur une ambition chiffrée qui redéfinit l'horizon économique du pays. Le Gabon s'est fixé pour objectif de traiter localement 2 millions de tonnes de manganèse chaque année d'ici 2029. Pour y parvenir, l'exécutif mise sur la création d'unités de production de ferromanganèse et d'oxyde de manganèse, des dérivés à haute valeur ajoutée dont la demande mondiale reste soutenue. Ce virage impose toutefois une montée en puissance des capacités énergétiques nationales, un point nodal qui a dominé les discussions de ce début de semaine. Sans une énergie stable et abondante, la pyrométallurgie resterait un vœu pieux. C'est pourquoi le gouvernement lie désormais l'accès aux gisements à l'investissement dans les infrastructures de soutien, forçant les opérateurs à devenir des co-développeurs du territoire gabonais.
c'est une bataille pour le capital humain qui se joue à Moanda et Libreville. Le plan d'action détaillé exigé du groupe Eramet-Comilog ne se limite pas à l'érection de cheminées d'usines ; il place le transfert de compétences et la création d'emplois durables au cœur du contrat social minier. Pour Sosthène Nguéma Nguéma, la diversification économique voulue par le chef de l'État doit se traduire par une intégration massive des nationaux dans les processus de transformation complexe. Chaque tonne de minerai transformée sur le sol national doit devenir un levier d'ascension professionnelle pour la jeunesse gabonaise, garantissant que la valeur captée ne profite pas uniquement aux actionnaires, mais irrigue réellement l'économie réelle et les bassins de vie locaux.
La vision stratégique du Gabon s'inscrit dans une logique de "100 % transformation locale" à terme, une trajectoire audacieuse qui place le pays en leader de la nouvelle doctrine minière africaine. En verrouillant son marché et en imposant sa cadence aux partenaires étrangers, le Gabon s'affirme comme une puissance industrielle émergente qui refuse désormais la fatalité de la rente. La réussite de ce pari technologique et diplomatique sera le juge de paix de la transition économique actuelle. Alors que le calendrier opérationnel commence à s'égrener, Libreville démontre que la véritable indépendance se forge dans la capacité d'un pays à transformer ses dons de la nature en instruments de puissance manufacturière.
BCN
Floyd Miles
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