Souveraineté Énergétique : Le Cameroun met les bouchées doubles
Dernière mise à jours il y'a 7 moisLe pays s'apprête à écrire un nouveau chapitre de son indépendance énergétique. La Société nationale des hydrocarbures (SNH), en partenariat avec sa filiale Tradex et le consortium Ariana/RCG, porte un projet baptisé CSTAR Refinery Project et prépare activement la construction d'une nouvelle raffinerie d'une capacité de 30 000 barils par jour à Kribi.
Lire aussi : Prouesse économique : Le Poivre se célèbre à Penja
Prévue pour être opérationnelle dès 2028 et s'étendant sur un site de 250 hectares, cette initiative est un projet d'envergure nationale, dont les implications économiques et stratégiques dépassent largement le cadre de la simple production de carburants. Ce projet intervient dans un contexte national marqué par la suspension des activités de raffinage de la Société Nationale de Raffinage (SONARA) à Limbé depuis l'incendie dévastateur de mai 2019. Depuis cette date, le Cameroun, pourtant producteur de brut, est contraint d'importer la quasi-totalité de ses produits pétroliers raffinés, occasionnant des sorties de devises considérables et une vulnérabilité aux fluctuations des cours mondiaux. Le facture est salée, pesant lourdement sur la balance commerciale et les finances publiques.
La décision de la SNH de porter ce nouveau projet de raffinerie à Kribi est le fruit d'une analyse stratégique approfondie. Avec une capacité de 30 000 barils/jour, la future raffinerie aura vocation à couvrir une part significative des besoins nationaux en produits raffinés (essence, gasoil, kérosène, GPL). Cette capacité est conçue pour être modulaire et extensible à terme, permettant une adaptation progressive à la demande croissante. L'objectif d'une mise en service en 2028 témoigne d'une volonté politique forte d'accélérer le processus.
Le choix de Kribi n'est pas anodin. La ville abrite déjà le Port en Eau Profonde de Kribi, une infrastructure essentielle pour l'importation de brut et l'exportation des produits raffinés. La proximité avec les bassins pétroliers offshores camerounais (comme le champ de Sanaga Sud, par exemple) et l'accès facilité aux marchés régionaux (CEMAC) via le corridor de transport sont des atouts majeurs. Le terrain de 250 hectares offre l'espace nécessaire non seulement pour l'unité de raffinage, mais aussi pour des infrastructures de stockage, des pipelines et d'éventuelles extensions futures ou industries pétrochimiques connexes.
La SNH devrait s'appuyer sur des partenariats techniques et financiers, impliquant potentiellement des entreprises étrangères spécialisées dans l'ingénierie et la construction de raffineries modernes, en privilégiant des technologies avancées pour réduire l'empreinte environnementale et optimiser le rendement.
Les bénéfices attendus de cette raffinerie vont bien au-delà de la simple production de carburants. Elle inclut la réduction des Importations et Économie de Devises. En produisant localement une part substantielle de ses besoins en carburants, le Cameroun réduira drastiquement sa facture d'importation, générant des économies de devises, renforçant ainsi la stabilité de la balance des paiements. La phase de construction générera des milliers d'emplois directs et indirects (estimation de 5 000 à 10 000 emplois sur la période de construction).
Ce projet s'inscrit dans la stratégie d'industrialisation du Cameroun, favorisant la transformation locale des matières premières. À terme, la raffinerie pourrait servir de base à l'établissement d'industries pétrochimiques en aval, créant de nouveaux produits à plus forte valeur ajoutée et diversifiant l'économie. Une raffinerie moderne à Kribi pourrait positionner le Cameroun comme un hub régional pour la fourniture de produits pétroliers raffinés à d'autres pays de la CEMAC, renforçant son leadership économique.
Bernardo Carlos NDJOMO
Floyd Miles
Actually, now that I try out the links on my message, above, none of them take me to the secure site. Only my shortcut on my desktop, which I created years ago.