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Gabon : La SEEG sous pression

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

Malgré une enveloppe globale dépassant les 200 milliards FCFA mobilisés depuis 2024, le réseau électrique gabonais peine à se stabiliser. En effet, le 18 février 2026, le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe TONANGOYE, a exigé des comptes à la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Cette convocation des responsables techniques intervient dans un climat d'exaspération sociale, marqué par des interruptions de service récurrentes à Libreville et sa périphérie.

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L'ampleur des fonds injectés contraste avec la fragilité actuelle du réseau. La centrale solaire de la Plaine d’Ayemé, emblème de la transition énergétique nationale financé à hauteur de 60 milliards FCFA, illustre ces difficultés. Bien que conçue pour délivrer 30 MW dans sa phase initiale, l'infrastructure ne fournit réellement que 7,5 MW. Les autorités pointent du doigt des obstacles techniques liés au stockage de l'énergie et à l'incapacité d'un réseau vétuste à absorber cette nouvelle production.

En parallèle, les 170 milliards FCFA alloués en 2025 pour la modernisation des infrastructures et la pose de compteurs n'ont pas encore produit l'effet de levier escompté. Si la SEEG évoque une explosion de la demande urbaine et des incidents sur des installations anciennes pour justifier les coupures, le gouvernement estime désormais que ces arguments ne suffisent plus à masquer le manque de résultats concrets sur le terrain.

Pour parer au plus pressé, le Gabon s'est tourné vers des solutions transitoires coûteuses. L'importation d'électricité depuis la Guinée équatoriale, via l'interconnexion mise en service en septembre 2025, ne fournit pour l'heure que 3 MW sur un potentiel de 10 MW.

De même, le recours aux centrales flottantes de l'opérateur turc Karpowership, dont la location pèse mensuellement 1,8 milliard FCFA sur les finances publiques, a connu des revers de calendrier. Initialement prévue pour septembre 2025, la montée en puissance de ce dispositif vers une capacité de 150 MW a été retardée jusqu'en février 2026, privant la capitale d'une marge de manœuvre indispensable durant plusieurs mois.

La persistance de cette crise a conduit le président Brice Clotaire Oligui Nguema à s'impliquer directement. En recevant les partenaires techniques de Karpowership le 19 février 2026, le chef de l’État a réitéré que l’accès à l'énergie demeure un pilier fondamental de sa politique de développement. Face à l'impatience des opérateurs économiques et des ménages, la direction de la SEEG se trouve désormais sous une surveillance étroite, avec l'obligation de traduire les financements colossaux du Trésor public en une fourniture d'électricité stable et continue.


BCN

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