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Bois : pilier de développement en mal d'exploitation

Dernière mise à jours il y'a 3 minutes

L'interdiction d'exportation frappant 15 nouvelles essences de bois brut marque un signal fort face au modèle colonial de la rente extractive, jadis appliqué. Par cet acte réglementaire, Yaoundé affirme sa volonté d'imposer l'industrialisation locale comme une importante voie de développement. Porter le nombre d'essences prohibées à 91 constitue une mesure de légitime défense économique. Cette décision contraint les opérateurs économiques à investir dans les structures de transformation nationale, mettant un terme à l'exploitation brute de notre patrimoine forestier pour poser les fondements d'une économie endogène solide.

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Cette fermeté réglementaire pourrait, si elle est respectée, propulser le secteur du bois camerounais vers une modernisation, une industrialisation sans précédent. En privant les marchés extérieurs de grumes non transformées, l'État crée un électrochoc positif sur le marché domestique, garantissant aux industriels locaux un approvisionnement abondant, stable et à des coûts maîtrisés. Cette disponibilité de la matière première incite à l'investissement direct dans des technologies de pointe pour le sciage, le placage, et la fabrication de produits finis. Cette dynamique va densifier l'ensemble de la chaîne de valeur, faisant passer le Cameroun du statut de simple fournisseur de matière brute à celui de pôle industriel exportateur de biens manufacturés à haute valeur ajoutée.


Le bien-fondé de ce protectionnisme forestier sur l'ensemble de l'économie nationale se mesurera par une augmentation substantielle des revenus financiers. La transformation locale multiplie la valeur marchande du bois, générant des recettes fiscales et douanières bien plus importantes pour le Trésor public que les simples taxes sur les grumes. De plus, l'implantation d'unités de deuxième et troisième transformations sur le territoire national va stimuler la création d'emplois, favorisant le transfert de technologies et la distribution de revenus qui injecteront des liquidités dans l'économie réelle. La baisse des exportations brutes est ainsi compensée par l'émergence d'une richesse industrielle durable.


L'horizon 2030 impose une discipline collective pour consolider ces acquis industriels. La réussite de cette transition économique exige un renforcement de l'offre énergétique pour alimenter les nouvelles usines et une surveillance rigoureuse des frontières afin d'éradiquer les circuits clandestins. Notre forêt ne doit plus être un réservoir de matières premières pour les industries étrangères, mais le pivot de notre souveraineté manufacturière. En convertissant notre potentiel sylvicole en puissance industrielle, le Cameroun prouve qu'il possède les leviers nécessaires pour piloter sa propre transformation et bâtir une prospérité autonome, durable et équitablement répartie.


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Bonne lecture!


EWP, DP

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bernardo carlos ndjomo
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