Conflits fonciers : La Socapalm cède 2 566 hectares
Dernière mise à jours il y'a 2 joursAu cœur de la région du Littoral, une page de contestation s’est tournée lors d’une réunion tripartite dont la portée dépasse le simple cadre administratif. En officialisant la rétrocession de 2 566 hectares de terres cultivables à l’État, la Société Camerounaise de Palmeraies (Socapalm) a posé un acte de décompression territoriale sans précédent.
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Ce n’est plus seulement une question de bornage technique ou de cartographie, mais un véritable traité de paix sociale signé sous l'arbitrage des autorités. À Dibombari, là où les palmiers à huile semblaient avoir annexé l'avenir des populations, l'espace vital reprend ses droits, marquant une rupture nette avec l'ère des conflits domaniaux systématiques.
L’amputation volontaire de la concession, qui passe de 11 210 à 8 643 hectares, vise à éteindre un incendie social qui couvait depuis 2017. Les riverains, longtemps acculés à une agriculture de survie sur des parcelles résiduelles, dénonçaient l'inobservation des clauses du bail emphytéotique des années 2000. Si le contrat initial prévoyait une ceinture de sécurité de 250 hectares pour chaque communauté, la réalité du terrain avait fini par transformer ces villages en enclaves privées de terres pastorales et de surfaces nourricières. En restituant ces surfaces non exploitées, la filiale du groupe Socfin tente de restaurer une crédibilité sérieusement écornée par des enquêtes internationales, notamment celles de la Earthworm Foundation, qui pointaient du doigt des empiètements abusifs.
La manœuvre, opérée sous l'œil vigilant du Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (MINDCAF), s'inscrit dans une politique de transparence imposée par les enjeux de durabilité. Frédéric Augé, le nouveau Directeur général de la Socapalm, hérite d'un passif lourd mais semble opter pour la chirurgie foncière plutôt que pour l'enlisement judiciaire. Il faut dire que la maison-mère, la holding luxembourgeoise Socfin, sort d'une séquence de turbulences financières et légales, ayant été contrainte en 2024 de verser des indemnités à des collectifs de riverains pour des manquements documentaires dans ses liens avec le groupe Bolloré. Cette rétrocession massive apparaît donc comme une stratégie de survie réputationnelle dans un secteur de l'huile de palme où l'acceptabilité sociale est devenue la condition sine qua non de l'exploitation.
Pour l’État camerounais, le défi commence maintenant. Si la Socapalm a déjà restitué environ 20 000 hectares sur l'ensemble du territoire national depuis l'avenant de 2005, la gestion de ces terres "libérées" reste un enjeu de gouvernance locale. À Dibombari, comme à Apouh ou Ngog, il s'agira désormais d'organiser une redistribution équitable pour éviter que les 2 500 hectares récupérés ne fassent l'objet de nouvelles convoitises. Entre le besoin d'un cadre foncier attractif pour la production nationale et le droit inaliénable des populations à leur espace vital, le gouvernement doit désormais jouer les équilibristes. Cette rétrocession n’est pas une fin en soi, mais le premier jalon d’un nouvel équilibre agro-industriel où la rentabilité du palmier ne doit plus s'écrire au détriment de la dignité foncière des riverains.
Bernardo
Floyd Miles
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