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CEMAC : Les importations de poulet brésilien congelé estimées à 53 000 tonnes en 2024

Dernière mise à jours il y'a 6 jours

L'asymétrie commerciale entre les capacités productives de la zone CEMAC et l'agressivité des exportateurs sud-américains atteint un seuil critique qui redéfinit les priorités budgétaires.

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Alors que les discours officiels convergent vers la souveraineté alimentaire, les données compilées par l'Association brésilienne de la protéine animale (ABPA) révèlent une réalité comptable implacable : en 2024, le Gabon, le Congo et la Guinée équatoriale ont absorbé 53 531 tonnes de viandes de volailles brésiliennes, marquant une progression de 22 % en un an. Ce bond des importations, dominé par le poulet congelé, met à nu la vulnérabilité des marchés d'Afrique Centrale face à une offre brésilienne dont le volume mondial a culminé à 5,2 millions de tonnes. Dans ce contexte, la dépendance protéique de la sous-région n'est plus seulement un défi agropastoral, mais un fardeau financier majeur qui hypothèque la réussite des politiques d'import-substitution.

L'analyse détaillée des flux par destination souligne l'hégémonie du Congo-Brazzaville sur ce segment de marché. Avec 48 170 tonnes de poulet importées en 2024, soit une hausse de 26,2 % en glissement annuel, le pays se hisse au 5ᵉ rang africain et au 24ᵉ rang mondial des clients du Brésil. Cette dépendance s'étend également à la viande de dinde, où la Guinée équatoriale affiche une croissance exponentielle de 32,6 % de ses volumes importés (2 277 tonnes). Si ces importations massives garantissent une offre à bas coût pour les ménages urbains, elles génèrent un effet d'éviction sur les investissements locaux. En 2026, l'enjeu des gouvernements de la CEMAC réside dans le financement de la filière céréalière et la réduction des coûts de l'énergie, afin de permettre aux aviculteurs régionaux de concurrencer les prix de revient brésiliens, optimisés par des décennies d'intégration industrielle.

L'impact de cette dynamique sur la balance des paiements de la zone monétaire impose une réévaluation des barrières tarifaires et des mesures incitatives. La stratégie d'import-substitution, bien que solidement ancrée dans les cadres de planification comme la SND30, se heurte à la réalité d'un marché mondial où le Brésil consolide sa place de leader devant le Moyen-Orient et l'Asie. Pour inverser la courbe, les réformes engagées par le Gabon ou le Cameroun doivent impérativement intégrer une dimension régionale, visant à créer des pôles de production avicole de grande échelle. En l'absence d'une protection coordonnée et d'un soutien structurel aux producteurs de maïs et de soja, le corridor commercial transatlantique continuera de drainer les devises de la CEMAC au profit des géants de l'agrobusiness brésilien.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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