CEMAC : La BEAC et CICA s'engagent à assainir le portefeuille
Dernière mise à jours il y'a 9 heuresLe Bureau d’Information sur le Crédit (BIC), opéré par Creditinfo Central Africa (CICA), a officiellement enrôlé les mastodontes du secteur bancaire et de la microfinance sous l'œil vigilant de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC).
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Face à une sinistralité qui s'est envolée à 14,3 % en 2025, les institutions de crédit ont décidé de briser le silence pour partager leurs données. Cette coalition inédite vise à désarmer les emprunteurs insolvables qui profitaient jusqu'ici de l'aveuglement des banques pour multiplier les arriérés, menaçant ainsi la stabilité de tout l'édifice monétaire de la sous-région.
Le diagnostic posé par les autorités monétaires est sans appel. Les créances en souffrance culminaient à 16 % à la fin de l'exercice 2025, une dérive alarmante alors que le seuil de tolérance communautaire plafonne à 5 %. Cette saignée financière trouve sa source principale dans l’asymétrie d’information : un client pouvait être en défaut dans une enseigne tout en sollicitant un nouveau prêt chez le voisin, faute d'un fichier centralisé. Sidimohamed Abouchiki, président du conseil d’administration de CICA, martèle que la signature de ces contrats d'engagement transforme enfin la "vision" en "action". Pour les banquiers, disposer en temps réel du profil complet d'un demandeur incluant ses engagements passés et son comportement de paiement devient l'arme absolue pour assainir des bilans lourdement grevés par les provisions pour risques.
L’impact de cette mutualisation des données dépasse le cadre de la simple surveillance. Michel Dzombala, vice-gouverneur de la BEAC, voit dans l'opérationnalisation du BIC à Douala un levier de croissance pour les "bons payeurs", notamment les PME. Jusqu'alors, la méfiance généralisée des banques entraînait un rationnement du crédit ou des taux prohibitifs pour compenser le risque d'ombre. La transparence devient une forme de garantie immatérielle. Les institutions peuvent désormais analyser et cerner le risque avec une acuité chirurgicale, accélérant ainsi l'octroi de financements à ceux qui respectent leurs engagements. Cette inclusion financière, bâtie sur la responsabilité et la traçabilité, est le nouveau pilier sur lequel Yaoundé et Brazzaville comptent pour dynamiser l'investissement privé.
Le déploiement effectif de CICA marque un tournant dans la maturité du marché financier d'Afrique centrale. Le Bureau d’Information sur le Crédit n'est pas seulement un outil de répression de l'insolvabilité ; c'est un architecte de la confiance. Pour les banques, c'est l'assurance d'un portefeuille sain ; pour les entreprises, c'est la promesse d'un accès facilité aux ressources. L'enjeu de cette année sera la qualité et l'exhaustivité des données injectées dans le système par les établissements financiers non bancaires. Car dans cette guerre contre la sinistralité, l'information n'est plus seulement un pouvoir, c'est le garant de la pérennité du système bancaire camerounais et régional face aux défis de l'émergence 2035.
BCN
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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