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Cemac : L'épargne privée atteint 72 % des dépôts

Dernière mise à jours il y'a 1 semaine

Les rapports consolidés de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) pour l'exercice 2024 révèlent une mutation structurelle du paysage monétaire en zone CEMAC: le secteur privé s'est imposé comme le maître absolu de la liquidité régionale.

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Avec une collecte ayant bondi de 8,2 % pour atteindre 17 995 milliards de FCFA, les banques de la zone voient leurs bilans gonflés par une épargne privée qui culmine désormais à 12 962 milliards de FCFA. Ce basculement, où 72 % des dépôts sont portés par les ménages et les entreprises, intervient alors que le système bancaire, fort de ses 56 établissements, affiche une préférence marquée pour les dépôts à vue (80 % du total), témoignant d'une soif de disponibilité immédiate des capitaux dans un environnement économique en quête de nouveaux repères de croissance.

Cette concentration de ressources n'est cependant pas uniforme. Le Cameroun, véritable locomotive financière, sature le marché avec 46,5 % des dépôts collectés, suivi de loin par le Gabon (16,8 %) et le Congo (15,1 %), tandis que la République Centrafricaine reste à la marge avec seulement 1,8 % des ressources. Mais la véritable surprise de l'année 2024 réside dans l'effet miroir de cette tendance sur le marché du crédit : le secteur privé ne se contente plus de déposer, il emprunte massivement. Sur un encours brut de 12 501 milliards de FCFA, les concours destinés aux acteurs privés se sont élevés à 9 710,4 milliards de FCFA, soit près de 78 % du total. Cette dynamique irrigue principalement les secteurs de l'énergie, du commerce et de la fabrication, bien que des poches de sous-financement persistent dans l'agriculture et le transport, malgré une surliquidité apparente qui maintient le ratio crédits/dépôts à un niveau prudent de 69 %.

L'enjeu de cette année 2026 est désormais la transformation de cette épargne dormante en levier de souveraineté. Alors que les États de la CEMAC prévoient de lever 4 000 milliards de FCFA sur le marché des titres publics, l'abondance des dépôts à vue souligne une fragilité : la volatilité des ressources limite encore la capacité des banques à s'engager sur des financements de long terme. Pour le régulateur, cette hégémonie du capital privé est un signal de confiance, mais aussi un appel à la vigilance prudentielle. La baisse continue du ratio d'intermédiation depuis 2019 prouve que le système bancaire, bien que solide, reste sur la défensive. En consolidant cette dynamique de collecte en 2026, la zone CEMAC pourrait enfin briser le cycle de la dépendance aux financements extérieurs, faisant de l'épargne locale le moteur d'une résilience économique capable de résister aux chocs monétaires annoncés.


Bernardo

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