Cacao : Le prix du kg en chute
Dernière mise à jours il y'a 6 joursAlors que le retour de la saison sèche laissait présager une envolée des cours grâce à la fin des décotes liées au transport, le marché a pris les producteurs à contre-pied. Le Système d’information des filières (SIF), piloté par l’ONCC, a délivré un verdict cinglant : le prix du kilogramme de fèves au port de Douala stagne désormais entre 2100 et 2150 FCFA.
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Ce repli brutal efface, en seulement huit jours, plus de 300 FCFA par kilogramme par rapport aux 2525 FCFA enregistrés le 12 janvier dernier. Pour une filière qui, au premier trimestre 2025, avait réussi l'exploit de détrôner les hydrocarbures avec 500,3 milliards FCFA de recettes d’exportation, cette douche froide met à rude épreuve les ambitions d'une économie nationale désormais viscéralement dépendante de la performance de ses vergers.
Cette décrue tarifaire installe un paradoxe amer dans les bassins de production. Traditionnellement, le mois de janvier marque la fin des pénalités logistiques imposées par les acheteurs, les pistes devenant enfin praticables pour évacuer les récoltes. Pourtant, l'amélioration de la qualité intrinsèque des fèves (mieux séchées et moins humides) ne suffit plus à compenser la frilosité du marché portuaire. Ce niveau de prix actuel fragilise les prévisions budgétaires de l'État pour la campagne 2025-2026. Le gouvernement, confiant dans la résilience du secteur, tablait initialement sur une fourchette haute comprise entre 3 200 et 5 400 FCFA le kilogramme. L'écart se creuse dangereusement, rappelant que les sommets vertigineux de 6 000 FCFA atteints lors des campagnes précédentes relevaient peut-être d'une anomalie cyclique plutôt que d'une nouvelle norme structurelle.
L'enjeu dépasse la simple comptabilité paysanne ; il touche au cœur de la balance commerciale du Cameroun. Avec un poids relatif de 44,8 % dans les recettes globales l'an dernier, la fève est devenue le rempart contre les chocs extérieurs. Cependant, la chute actuelle des prix au port de Douala souligne la vulnérabilité d'un modèle basé sur l'exportation de fèves brutes, exposées aux moindres frémissements des bourses de Londres et New York. Pour les coopératives, le défi de 2026 sera de maintenir les volumes alors que la motivation des planteurs pourrait s'éroder face à cette baisse de rentabilité. Si le cacao reste le premier pourvoyeur de devises, ce début d'année 2026 impose une réflexion urgente sur la transformation locale, seule capable de protéger la valeur ajoutée camerounaise contre les caprices d'un marché mondial de plus en plus volatil.
BCN
Floyd Miles
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