Sodecoton : Quand le coût des infrastructures routières plombe la performance
Dernière mise à jours il y'a 9 heuresLa Société de développement du coton (Sodecoton) fait face à un défi infrastructurel qui fragilise ses équilibres financiers. Mohammadou Bayero, le Directeur Général de l'agro-industriel, a récemment pointé du doigt l'important décalage entre les efforts consentis par l'entreprise pour le désenclavement des zones de production et les compensations financières réellement perçues.
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Pour maintenir l'accessibilité de ses bassins agricoles, la société entretient chaque année un réseau colossal de 9 000 km de pistes, une mission de service public dont le coût réel dépasse largement l'accompagnement étatique.
L'enjeu financier de cette activité logistique est au cœur des préoccupations de la direction. Les dépenses engagées pour la remise en état des voies de circulation dans les régions du Nord et de l'Extrême-Nord sont évaluées à environ 6,5 milliards FCFA par an. En face, l'enveloppe de compensation allouée par les pouvoirs publics plafonne à 2 milliards FCFA. Ce déséquilibre génère une sous-compensation récurrente de 4,5 milliards FCFA que l'entreprise doit absorber sur ses propres ressources, au détriment d'autres investissements productifs.
Cette situation est la conséquence d'une érosion progressive des budgets alloués par le ministère des Travaux publics. Si une convention signée en 2005 encadrait initialement ce partenariat, les financements ont fondu au fil des décennies. À titre de comparaison, alors que le programme bénéficiait de plus de 4 milliards FCFA en 2007 grâce aux fonds du Contrat de désendettement et de développement (C2D), les engagements récents s'avèrent dérisoires. En 2022, un nouvel accord ne prévoyait que 200 millions FCFA pour un linéaire très réduit, bien loin de la réalité des 7 000 km déjà entretenus lors de la campagne en cours.
L'impact de cet entretien routier dépasse le simple cadre de la collecte du coton. En assurant la viabilité des pistes rurales, la Sodecoton joue un rôle moteur dans l'économie de survie du Grand Nord. Désormais détenue à 89 % par l'État camerounais, l'entreprise soutient l'activité de 150 000 producteurs, impactant directement le quotidien de près de 3 millions de personnes. Pour le management, il devient impératif que le coût de cette logistique territoriale soit réévalué par le gouvernement afin de ne pas compromettre la compétitivité d'un fleuron industriel qui emploie 6 000 collaborateurs.
La viabilité du modèle coton-route est aujourd'hui à la croisée des chemins. Alors qu'il reste encore environ 2 500 km de pistes à traiter pour boucler le programme annuel, la question de la pérennité du financement de ces infrastructures rurales reste entière. Une révision du partenariat avec le ministère des Travaux publics apparaît comme la seule voie pour garantir que le désenclavement des zones rurales ne repose plus exclusivement sur les épaules d'une industrie cotonnière déjà soumise aux aléas climatiques et mondiaux.
Ndjomo Carlos
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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