Secteur bancaire : Le déséquilibre entre financement et investissement
Dernière mise à jours il y'a 4 moisL'économie camerounaise fait face à un paradoxe : malgré une enveloppe de crédits bancaires en hausse, le financement adapté à l’investissement productif de long terme reste marginal. Cette inadéquation entre la maturité des ressources des établissements de crédit et celle des emplois demandés par les entreprises constitue un déficit structurel qui entrave directement la Formation Brute de Capital Fixe (FBCF) du pays.
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Les données compilées par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) pour le premier semestre 2025 confirment ce déséquilibre critique. Le crédit de long terme (maturité supérieure à 60 mois), pourtant le plus adapté au financement de l'investissement durable, a été accordé à hauteur de 223,6 milliards de FCFA en moyenne mensuelle. Si cette catégorie de prêts affiche une progression notable de +39,6% en moyenne en glissement annuel, son volume est écrasé par celui des crédits de court terme.
Les prêts de court terme (maturité ≤24 mois), que la BEAC destine principalement au financement de la consommation des ménages ou des besoins de trésorerie des personnes morales, ont atteint une moyenne mensuelle de 3 480,8 milliards de FCFA sur la même période. Ce volume représente seize fois celui du crédit de long terme et plus de 70% de l’enveloppe globale. Cette concentration sur le court terme limite de facto la capacité des opérateurs économiques à engager des investissements lourds et transformateurs, bridant ainsi l'augmentation de la FBCF. La catégorie intermédiaire, les crédits de moyen terme (durée comprise entre 25 et 60 mois), également adaptée à l'investissement, a culminé à 2 507 milliards de FCFA en moyenne par mois. Toutefois, après un trimestre de croissance, la BEAC note que son volume a connu des replis en avril et mai 2025, signalant une vigueur modérée des banquiers autour de cette catégorie.
L'explication de cet intérêt prononcé pour le court terme, au détriment des maturités longues, n'est pas explicitée dans le rapport de la banque centrale. Néanmoins, les banquiers attribuent cette réalité à l'asymétrie de la structure des dépôts. La très grande majorité des dépôts est à vue, c'est-à-dire mobilisable par les épargnants à tout moment. Prêter sur des durées excédant cinq ans avec des ressources à liquidité immédiate expose l'établissement à un risque de liquidité accru. Le rôle principal du banquier, qui est la transformation des maturités, est ainsi fortement contraint. De plus, l'aversion au risque de crédit est accentuée par un environnement des affaires où la mobilisation rapide des garanties (foncier, hypothèques) en cas de défaut est difficile. Cette combinaison de risque de liquidité lié aux dépôts et de risque de crédit lié à l'environnement légal justifie, selon les établissements, la prudence dans l'octroi des crédits de long terme, malgré une augmentation de l'enveloppe globale.
BCN
Floyd Miles
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