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Scanning au PAD : L'imbroglio

Dernière mise à jours il y'a 6 jours

Le port de Douala-Bonabéri est-il devenu le théâtre d'une confrontation de l'État contre l'État ? Pendant que les conteneurs s'empilent sur les quais en ce début d'année 2026, une onde de choc administrative fait trembler les fondations de la place portuaire, opposant le Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, au Directeur Général du Port Autonome de Douala (PAD), Cyrus Ngo’o.

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Au cœur du brasier : le contrôle des opérations de scanning, véritable nerf de la guerre pour la sécurité nationale et les recettes douanières. Alors que le DG du PAD, Cyrus Ngo’o, a déjà installé Transatlantic D SA aux commandes depuis le 2 janvier, le Ministre Louis Paul Motazé exige le maintien du prestataire historique SGS, créant un imbroglio kafkaïen où les usagers sont pris en étau entre deux systèmes de facturation. Face à ce séisme institutionnel, le Palais de l'Unité a fini par s'inviter dans la danse : ce 21 janvier 2026, Ferdinand Ngoh Ngoh, Secrétaire Général de la Présidence, a convoqué un sommet de crise dans la salle A339 pour siffler la fin de la récréation et éviter que le poumon économique du pays ne s'asphyxie sous le poids de ses propres contradictions.

Ce duel au sommet de l'exécutif cristallise deux visions divergentes de la souveraineté portuaire. Pour le PAD, l'éviction de la Société Générale de Surveillance (SGS) (après dix ans de service) et son remplacement par Transatlantic D SA s'inscrivent dans une stratégie de « 100 % scanning ». Le périmètre ne se limite plus aux seuls conteneurs mais englobe désormais l'intégralité des flux, import comme export, quel que soit le conditionnement. À l'inverse, le ministère des Finances, par la voix de Louis Paul Motazé, dénonce une rupture unilatérale du contrat de partenariat public-privé signé par le gouvernement en 2015. En ordonnant à la Direction Générale des Douanes (DGD) de s'en tenir à l'ancien cadre contractuel, le Minfi a instauré une situation de blocage inédite, où deux autorités revendiquent la légitimité d'un service public pourtant unique.

Pendant que les juristes s'écharpent, Transatlantic D SA tente de légitimer sa prise de fonction par les chiffres. Entre le 2 et le 12 janvier 2026, le nouvel opérateur revendique déjà le traitement de 2 856 conteneurs, dont 1 682 images exploitables, affirmant avoir pris possession des installations délaissées par une SGS en fin de contrat. Cependant, sur le terrain, le chaos financier menace. Le 19 janvier, Cyrus Ngo’o a dû publier une mise en garde musclée, invitant les administrations récalcitrantes à désactiver l'ancien système de paiement pour éviter aux chargeurs un double prélèvement injustifié. L'arbitrage de Ferdinand Ngoh Ngoh est donc plus qu'une simple médiation : c'est une opération de sauvetage pour la compétitivité du Cameroun. La décision qui sortira de la salle A339 devra trancher si Douala bascule définitivement dans l'ère Transatlantic ou si le gouvernement impose un retour au statu quo, au risque de fragiliser davantage l'autorité des directions opérationnelles portuaires.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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