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Marchés internationaux : La RDC mise sur un Eurobond de 750 millions $

Dernière mise à jours il y'a 2 jours

L’annonce d’une levée de fonds inaugurale de 750 millions de dollars en avril prochain résonne comme un coup de tonnerre sur l’échiquier des marchés émergents. En s’aventurant pour la première fois sur le terrain des Eurobonds, la République Démocratique du Congo (RDC) ne cherche pas simplement des devises ; elle cherche une reconnaissance.

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Sous l’impulsion du Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, le géant d'Afrique centrale délaisse ses complexes d'antan pour exposer ses fondamentaux au scalpel des investisseurs internationaux. Ce baptême de feu, soutenu par un pool de conseillers prestigieux, marque l’entrée de Kinshasa dans le club des nations africaines capables de transformer leur potentiel minier en une signature souveraine crédible.

Le dossier de présentation que le gouvernement congolais s'apprête à soumettre aux places financières de Londres et de New York repose sur des chiffres d'une solidité insolente. Avec un ratio dette/PIB d'environ 18,5 %, la RDC affiche une santé insolvable bien supérieure à la moyenne subsaharienne qui culmine à près de 60 %. Porté par la flambée des cours du cuivre et de l'or, le pays jouit d'une croissance robuste et de réserves de change records dépassant les 7,4 milliards de dollars. Pour les investisseurs, l'argumentaire est séduisant : une inflation maîtrisée autour de 2 % et une notation B3 chez Moody’s qui place Kinshasa sur un pied d'égalité avec des puissances pétrolières comme le Nigeria ou l'Angola.

L’enjeu de cette opération, pilotée par Citigroup avec l'appui de Rawbank et du cabinet Rothschild & Co, dépasse la simple ingénierie financière. Les fonds levés sont déjà fléchés vers un portefeuille de projets structurants de 3 milliards de dollars, axés prioritairement sur l'énergie et les infrastructures routières. L'objectif est de transformer la RDC en un véritable hub logistique continental. Cependant, le marché reste un juge sévère : si l’appétit pour les ressources congolaises est indéniable, les primes de risque liées à la situation sécuritaire à l'Est pourraient peser sur les rendements. Kinshasa devra donc faire preuve d'une discipline budgétaire sans faille pour éviter les taux prohibitifs observés récemment chez certains voisins.

Cette première tranche de 750 millions de dollars n'est que la pierre angulaire d'un édifice plus vaste. Le programme validé en Conseil des ministres prévoit une enveloppe globale pouvant atteindre 1,5 milliard de dollars sur l'ensemble de l'année 2026. En étalant ses émissions, le gouvernement congolais opte pour une stratégie de prudence, visant à lisser le coût de l'endettement tout en installant une relation de confiance durable avec les créanciers internationaux. Pour la RDC, l'année 2026 ne sera pas seulement celle des grands chantiers, mais celle où le pays aura réussi à convaincre le monde que sa stabilité économique est désormais aussi profonde que ses mines de cobalt.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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