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Économie nationale : Le chiffre d’affaires des entreprises bondit de 12,7 %

Dernière mise à jours il y'a 1 jours

Après une année 2023 marquée par une prudence quasi léthargique (où la progression plafonnait à un timide 0,9 %) les entreprises modernes du pays ont pulvérisé les compteurs en 2024 avec une croissance de 12,7 %.

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Les rapports de synthèse révèlent une dynamique qui ne se contente plus de frémir : elle irrigue désormais tous les secteurs d'activité, du sillon agricole aux tours de verre du tertiaire. Ce bond n'est pas qu'un simple rattrapage statistique ; c'est la preuve d'une résilience qui a su transformer les tensions mondiales en opportunités de marché locales, redessinant ainsi la trajectoire de la croissance nationale.

L’industrie camerounaise a servi de véritable turbocompresseur à cette performance, avec une contribution de 5,4 points à la croissance globale. Le secteur secondaire a été porté par des records que les analystes n'hésitent plus à qualifier d'exceptionnels. En tête de peloton, les industries du cacao, du café et du thé ont vu leurs revenus exploser de 96,1 %, profitant d'une conjoncture internationale favorable et d'un renforcement des capacités de transformation locale. Cette vitalité est corroborée par le rebond de 19,9 % dans l'extraction des hydrocarbures et une percée de 28,2 % dans la chimie et la pharmacie. Même le segment des BTP, souvent perçu comme un indicateur d'inertie, a affiché une santé robuste avec une progression de 11,1 %.

Toutefois, le secteur tertiaire demeure le pilier central de cette architecture de revenus, apportant 6,9 points à l'édifice global. Le commerce de gros (+16,3 %) et les services aux entreprises (+11,8 %) ont profité d'une accélération de la consommation intermédiaire. Le segment de l'information et de la communication reste sur sa lancée avec une hausse de 10,2 %, confirmant la digitalisation irréversible de l'économie. À l'autre extrémité, le secteur primaire, bien que plus modeste en contribution relative (0,4 point), a été sauvé par une envolée de 23,2 % de la branche Agriculture, prouvant que la terre camerounaise demeure un actif stratégique face aux enjeux de souveraineté alimentaire.

Malgré cette euphorie, l'analyse fine de l'Institut National de la Statistique (INS) invite à une vigilance tempérée. Si le chiffre d'affaires s'envole, la profitabilité structurelle semble marquer le pas. Le taux de valeur ajoutée a glissé à 25,2 %, soit un recul de 1,4 point par rapport à l'exercice précédent. Plus inquiétant, la proportion d'entreprises capables de générer une valeur ajoutée positive continue sa décrue, s'établissant désormais à 85,4 %. Dans les secteurs primaire et secondaire, certaines unités de production peinent encore à stabiliser leur cycle d'exploitation face aux fluctuations des charges. Entre des secteurs locomotives et des branches comme le bois ou l'énergie qui ont freiné la cadence, le paysage entrepreneurial de 2026 est celui d'une économie puissante, mais qui doit impérativement transformer sa croissance brute en une rentabilité durable pour tous ses acteurs.


Ndjomo Carlos

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