Marché de la biométrie : Un secteur qui échappe encore aux entreprises africaines
Dernière mise à jours il y'a 9 heuresD’apres le rapport « Biometrics and digital identification systems in Africa » publié en novembre 2025 par l’Atlantic Council, 49 pays africains opèrent désormais au moins un système biométrique. Si ces technologies sont devenues le socle de la citoyenneté moderne (des élections à l'enregistrement des cartes SIM), le marché reste une chasse gardée des géants occidentaux et asiatiques, reléguant les entreprises africaines au second plan.
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Le passage des identités papier vers le numérique n'est pas qu'une simple modernisation administrative, c'est un enjeu économique colossal. Une étude du McKinsey Global Institute souligne qu'une couverture complète d'identité numérique pourrait générer une valeur allant de 3 à 13 % du PIB d'ici 2030. Cette appétence se traduit par des projets phares, à l'instar du programme Nigeria ID4D. Financé à hauteur de 430 millions USD par la Banque mondiale, l'AFD et la BEI, ce projet vise à délivrer 59 millions de numéros d'identification nationale (NIN) d'ici fin 2026. Cependant, ces financements internationaux s'accompagnent souvent de mécanismes de passation de marchés qui favorisent les leaders mondiaux.
Sur le terrain, la technologie de base, les algorithmes et le matériel sécurisé restent la spécialité d'un cercle restreint de multinationales. Les groupes français Thales et Idemia dominent largement le segment des algorithmes, des puces sécurisées et des passeports électroniques. De son côté, l'allemand Veridos s'est imposé dans la mise en place des systèmes d'identité nationale, tandis que le géant chinois Huawei concentre ses efforts sur les infrastructures de base et les solutions de surveillance. Bien que des entreprises africaines comme Margins au Ghana, Seamfix au Nigeria ou BioRugged en Afrique du Sud émergent, elles interviennent principalement comme intégrateurs locaux ou fournisseurs de kits d'enrôlement sur le terrain. Comme le souligne l'Atlantic Council, aucune entreprise africaine n'est encore capable d'égaler la force de frappe en Recherche & Développement (R&D) ou l'influence politique de ces groupes internationaux.
Cette dépendance structurelle n'est pas sans risques. Le contrôle étranger sur les données biométriques peut fragiliser la souveraineté nationale et décaler le pouvoir décisionnel vers des prestataires extérieurs. De plus, le CIPESA (Collaboration on International ICT Policy for East and Southern Africa) alerte sur la fragilité des cadres juridiques : sur les 37 lois de protection des données en Afrique, beaucoup manquent de garanties strictes et d'organes de contrôle indépendants.
Pour briser ce cycle de dépendance, les experts recommandent d'imposer systématiquement des clauses de transfert de compétences et de contenu local dans les contrats publics. L'objectif est de transformer l'Afrique de simple consommatrice de solutions biométriques en un pôle d'innovation capable de sécuriser ses propres données tout en stimulant son industrie technologique locale.
BCN
Floyd Miles
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