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La paix, un impératif pour le développement de l'Afrique

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

L'illusion d'une trajectoire sécuritaire homogène en Afrique vole définitivement en éclats à la lecture des données de l'Indice mondial de la paix. Voir le continent se fracturer de manière aussi nette entre 27 nations en voie de pacification et 23 autres prisonnières d'une régression sécuritaire chronique est loin d’être une simple curiosité statistique ; mais le révélateur d’une ségrégation structurelle profonde. Pendant que les nations insulaires et les régimes dotés d’une forte stabilité institutionnelle consolident leur attractivité, des pans entiers de notre espace continental, notamment le Sahel central, s'enfoncent dans l'abîme de l'extrémisme. Cette dualité prouve que la sécurité n'est plus un acquis, mais le premier facteur de discrimination économique entre nos États.

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Cette fragilisation d’une partie du continent est le produit direct d’une contamination par les convulsions géopolitiques mondiales. Avec 61 conflits actifs à l'échelle planétaire, un niveau de belligérance inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Afrique subsaharienne subit les contrecoups d'un ordre international en déliquescence. Que notre bloc concentre désormais huit des vingt pays les moins paisibles du globe est le procès direct de la porosité de nos frontières et de l'incapacité des organisations régionales à imposer une Pax Africana autonome. L'insécurité des uns annule les efforts des autres, compliquant l'évaluation du risque pays pour l'ensemble du continent et décourageant le capital long terme dont nos infrastructures ont cruellement besoin.


Le bien-fondé d'une véritable émergence économique impose de rompre avec la complaisance face au désordre civil. Il est impossible de bâtir un tissu industriel solide, d'attirer des investissements stratégiques ou de donner corps à nos ambitions de libre-échange dans des territoires transformés en sanctuaires pour les groupes armés. Les performances remarquables des pays les plus vertueux démontrent que la discipline institutionnelle et la force de la loi sont les conditions non négociables du développement. La paix ne se décrète pas dans des conférences internationales ; elle se finance, se planifie et se défend par une gouvernance nationale rigoureuse et sans concession envers la criminalité.

Le moment est venu de substituer la gestion de crise par une doctrine de tolérance zéro face à l'instabilité. Les dirigeants africains devraient intégrer que la sécurité est le premier des intrants économiques. En érigeant la restauration de l'ordre public en dogme absolu et en protégeant nos espaces productifs des chocs exogènes, la république et ses pairs les plus stables préserveront leur droit au développement. C'est par cette fermeté de l'appareil étatique et par le refus absolu du désordre que les  économies parviendront à  la stabilité du climat des affaires et à imposer, sur l'ensemble du continent, une prospérité digne, souveraine et durable.


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Bonne lecture !


EWC, DP

bernardo2
bernardo carlos ndjomo
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