INTERVIEW
Dernière mise à jours il y'a 14 heuresÀ la veille de la célébration de la 60ème édition de la Fête de la Jeunesse, le Cameroun se trouve à la croisée des chemins. Alors que les grands projets miniers et énergétiques entrent dans leur phase active, la question de l'implication du fer de lance de la nation n'a jamais été aussi centrale. Entre enjeux de souveraineté numérique, politique de substitution aux importations et défis de l'unité nationale, la rédaction d’ALPHA ECO a rencontré Monsieur EVINEBA ESSO, président de l’Alliance des Leaders Nationaux pour décrypter comment la jeunesse camerounaise transforme aujourd'hui l'espérance en action à impact réel.
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Monsieur, à l'aube de cette 60ème fête de la jeunesse, quel regard portez-vous sur la contribution réelle des moins de 35 ans au Produit Intérieur Brut (PIB) du Cameroun ?
À l’aube de cette 60ᵉ Fête de la Jeunesse, il faut reconnaître une réalité : les moins de 35 ans contribuent déjà de manière significative au PIB camerounais, mais souvent de façon invisible ou informelle. Ils sont majoritaires dans l’agriculture, le commerce, les services numériques, l’artisanat et l’économie urbaine informelle. Le problème n’est donc pas l’absence de contribution, mais le fait que cette contribution est mal structurée, peu valorisée et faiblement intégrée dans les circuits formels de croissance.
On parle souvent de la jeunesse comme d'un « dividende démographique ». Comment passer, en 2026, du stade de l'espérance théorique à une exploitation concrète de ce potentiel sur le plan industriel ?
En 2026, passer de l’espérance à l’action suppose trois choses : former autrement, produire localement et insérer les jeunes dans des chaînes de valeur réelles. Le dividende démographique ne se transforme pas par des discours, mais par des politiques industrielles ciblées, l’accès au financement productif et la mise en relation directe entre jeunes compétences et besoins industriels. Sans usines, sans transformation locale et sans débouchés concrets, le potentiel reste théorique.
Le secteur de l'économie numérique est largement dominé par les jeunes. Comment l'État peut–il accompagner cette « génération Android » pour transformer des start-ups éphémères en PME pérennes et structurantes ?
L’État doit accompagner la génération numérique en créant un écosystème stable : un cadre juridique et fiscal adapté, un meilleur accès au financement et surtout l’ouverture des marchés publics aux solutions locales. En aidant les start-ups à se structurer et à trouver des débouchés réels, elles pourront évoluer vers des PME durables et créatrices de valeur.
Dans le cadre de la politique de substitution aux importations, quel rôle spécifique la jeunesse peut-elle jouer dans la transformation locale des produits de base comme le cacao, le bois ou le manioc ?
Grâce à leur ingéniosité et leur capacité d’innovation, les jeunes peuvent créer des produits locaux substituables aux importations, notamment dans l’agro-industrie, le bois ou le cacao, tout en intervenant dans la transformation et la commercialisation. Mais cela nécessite un accès réel à la terre, à l’énergie, aux équipements et à des partenariats industriels, sans quoi la dépendance aux produits importés persistera.
Le chômage et le sous-emploi des jeunes diplômés demeurent des préoccupations. Comment l'adéquation formation-emploi peut-elle répondre aux besoins des grands projets miniers et énergétiques lancés en 2025 ?
L’adéquation formation-emploi exige une relecture pragmatique des curricula. Les grands projets miniers et énergétiques engagés depuis 2025 requièrent des techniciens, ingénieurs, gestionnaires et logisticiens qualifiés. Il est donc indispensable d’aligner les formations universitaires et professionnelles sur ces besoins concrets, de renforcer l’alternance et d’associer étroitement les entreprises à la définition des compétences attendues.
Le thème mentionne un « Cameroun uni et stable ». En quoi la réussite économique individuelle des jeunes est-elle, selon vous, le meilleur rempart contre les crises sociales et l'instabilité ?
La réussite économique des jeunes est l’un des meilleurs remparts contre l’instabilité. Un jeune qui travaille, entreprend et se projette dans l’avenir est moins vulnérable aux discours de frustration, de violence ou de division. L’emploi et l’autonomie économique créent de la dignité, de la responsabilité et renforcent naturellement l’unité nationale.
Quel est l’apport de L’ALLIANCE DES LEADERS NATIONAUX dans le processus d’affirmation des atouts de la jeunesse camerounaise ?
L’Alliance des Leaders Nationaux agit comme un espace de conscientisation, de formation au leadership et de passage à l’action. Nous travaillons à éveiller une jeunesse responsable, capable de comprendre les enjeux économiques et sociaux du pays et de s’y engager concrètement à travers des actions citoyennes, éducatives et humanitaires. Notre rôle est de transformer la conscience en engagement et l’engagement en impact.
Quel message transmettre aux jeunes qui doutent encore de la capacité du marché local à offrir des opportunités de classe mondiale ?
Il faut rappeler aux jeunes que le marché local camerounais est plein d’opportunités, mais exigeant. Les opportunités de classe mondiale existent ici, à condition d’accepter la rigueur, la formation continue et l’innovation. Le Cameroun n’est pas un espace de limites, mais un terrain de défis pour ceux qui osent structurer leur ambition.
Propos recueillis par Ndjomo Carlos
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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