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Énergie solaire : Le climat et la poussière provoquent 70% de pertes de rendement en Afrique subsaharienne

Dernière mise à jours il y'a 9 heures

Malgré un potentiel solaire immense, l’Afrique subsaharienne peine à convertir tout son ensoleillement en électricité. Une étude scientifique majeure publiée dans la revue Discover Sustainability révèle que la chaleur extrême et la diversité des poussières locales provoquent des pertes de rendement pouvant atteindre 70 %. Un cri d'alarme qui appelle à une adaptation technologique urgente.

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Le soleil africain est une épée à double tranchant. Alors que 600 millions de personnes attendent encore l'accès à l'électricité sur le continent, les infrastructures photovoltaïques actuelles, souvent conçues selon des standards européens, s'essoufflent sous les tropiques. Selon les chercheurs de l'Arusha Technical College (Tanzanie), le diagnostic est sans appel : les conditions environnementales locales imposent une pression thermique et physique que les équipements standards ne peuvent supporter durablement.

L’idée qu'une chaleur intense favorise la production solaire est une erreur scientifique. Le rapport souligne que les cellules en silicium cristallin commencent à perdre en efficacité dès que la température de surface du module dépasse 25 °C. Or, en Afrique subsaharienne, les conditions diurnes font régulièrement grimper cette température au-delà de 40 °C, atteignant parfois des pics extrêmes de 70 °C. À ces niveaux de chaleur, la tension en circuit ouvert (VoC) chute drastiquement. Les pertes d'efficacité constatées sur le terrain varient entre 15 et 20 %. Pour les systèmes hors réseau en zone rurale, où chaque watt compte, cette dégradation thermique fragilise la fiabilité de l'approvisionnement énergétique.

L'accumulation de poussière, ou "soiling", constitue le second défi majeur, avec des pertes de production spectaculaires qui varient considérablement selon l'activité économique des zones d'implantation. Les zones minières et les grands chantiers de construction sont les plus durement touchés, avec une poussière agrégée qui entraîne des pertes record allant de 58 % à 72 %. Dans les pôles industriels, notamment ceux caractérisés par la poussière de charbon, le rendement chute de 53 % à 64 %, tandis que les zones agricoles, bien que moins impactées, voient leur production réduite de 25 % à 35 % en raison des dépôts d'engrais organiques.

Face à ce constat accablant, le rapport exhorte les industriels à abandonner les solutions génériques au profit de normes strictement adaptées aux climats tropicaux. Les scientifiques identifient trois priorités absolues pour sauver la transition énergétique régionale.

Il s'agit d'abord d'une innovation matérielle visant à développer des composants photovoltaïques et des matériaux dissipateurs de chaleur capables de supporter de hautes températures sans dégradation précoce. Ensuite, une maintenance adaptée est indispensable : il faut créer des protocoles de nettoyage à sec ou passifs, l'eau étant une ressource trop rare, tout en évitant les systèmes de refroidissement actifs trop gourmands en énergie pour les zones isolées. Enfin, la mise en place d'une certification régionale permettrait d'instaurer des labels de qualité spécifiques pour les technologies réellement conçues pour les climats tropicaux. pour que le solaire remédie enfin aux pénuries chroniques d'électricité, le secteur doit cesser d'importer des solutions et commencer à concevoir des infrastructures résilientes, capables de transformer la chaleur et la poussière africaines de menaces en paramètres de conception maîtrisés.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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