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Infrastructures routières : La BAD et le gouvernement durcissent le ton sur les délais d’exécution

Dernière mise à jours il y'a 1 jours

Alors que l'institution panafricaine injecte une manne colossale de 887,6 milliards de FCFA dans le bitumage des routes camerounaises, le décalage entre les engagements financiers et la réalité sur le terrain de certains chantiers est devenu intenable.

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Avec seulement 30 % de décaissements réels pour plus de 57 % d'engagements en cours, Yaoundé et son partenaire financier ont décidé de placer les unités de gestion sous haute surveillance, transformant la "non-objection" en un impératif de célérité pour sauver les corridors de l'émergence.

Le diagnostic de cette léthargie, posé avec une franchise inhabituelle en ce premier trimestre 2026, pointe trois coupables majeurs. D'abord, la gangrène des retards de paiement des décomptes qui asphyxie les entreprises sur le terrain. Ensuite, le labyrinthe des procédures de "non-objection" de la BAD, dont la lenteur de traitement paralyse les passations de marchés. Enfin, la performance en demi-teinte de certaines cellules de pilotage, jugées incapables de transformer les accords de prêt en kilomètres de routes. Pour pallier ces carences, des mesures de coercition technique ont été arrêtées. le portefeuille, qui a gonflé de près de 69 % entre 2021 et 2025, exige désormais un pilotage millimétré pour éviter que le stock de dettes ne devienne un fardeau sans contrepartie infrastructurelle.

Sur la table des priorités de 2026, des axes névralgiques pour l'intégration régionale ont été sanctuarisés. La Ring Road, véritable serpent de mer du Nord-Ouest, fait l'objet d'une attention particulière avec le tronçon Bamenda–Bafut–Wum, dont l'achèvement est impérativement projeté pour la fin de cette année. De même, le corridor Ngaoundéré–Garoua et la liaison Edéa–Kribi sortent de la zone de turbulences administratives. La BAD a même consenti à examiner la réouverture d'accords de prêt déjà clôturés, notamment pour Ketta–Djoum et Bamenda–Enugu, afin de garantir leur "pleine opérationnalisation". Cette flexibilité financière exceptionnelle témoigne de l'importance capitale de ces liaisons vers le Nigeria, le Congo et le Tchad dans la stratégie de désenclavement du bassin de la CEMAC.

Ce durcissement de ton marque l'avènement d'une diplomatie des infrastructures plus exigeante. Pour le Cameroun, l'enjeu dépasse la simple construction de routes ; il s'agit de crédibiliser sa signature auprès des bailleurs de fonds internationaux. À l'heure où les corridors régionaux deviennent les artères vitales de la Zlecaf, chaque retard est une opportunité de croissance sacrifiée. Le pacte de performance scellé entre le Mintp et la BAD en ce début 2026 est un signal fort envoyé aux entreprises : le bitume camerounais ne sera plus l'otage des procédures, mais le socle d'une économie en mouvement. La réussite de ce plan d'urgence déterminera la capacité du pays à absorber les futurs financements nécessaires à la seconde phase de sa transformation structurelle.


Ndjomo Carlos

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