Travaux Publics : 84 milliards de FCFA de décomptes non engagés en 2025
Dernière mise à jours il y'a 13 heuresMalgré une consommation quasi totale de ses crédits en 2025, le ministère des Travaux publics (Mintp) termine l'exercice avec un déficit de 84 milliards de FCFA. Ce dépassement, correspondant à des travaux réalisés mais non couverts par le budget initial, devra être épongé par l'enveloppe de 2026, au risque de gripper la trésorerie des entreprises de BTP.
L'exercice budgétaire 2025 s'achève sur une note complexe pour le ministère des Travaux publics. Alors que l'exécution des crédits disponibles a affiché un taux exemplaire de 99 %, les données du ministère révèlent l'existence d'une masse de « décomptes non engagés » s'élevant à 84 milliards de FCFA. En d'autres termes, des chantiers ont été livrés, mais l'épuisement des ressources votées a empêché leur prise en charge financière immédiate.
Ce montant de 84 milliards de FCFA représente un dépassement de près de 36 % par rapport à l'enveloppe des ressources internes de l'État, qui s'élevait à 248,9 milliards de FCFA en 2025. Sur un budget total du Mintp arrêté à 500 milliards de FCFA (incluant 251 milliards de ressources externes), ce déficit met en lumière ce que les responsables appellent une « sous-couverture budgétaire en ressources propres ». En pratique, les entreprises de BTP ont maintenu une cadence de travail supérieure aux capacités de paiement de l'État. Or, la réglementation étant stricte (aucun engagement ne peut être pris au-delà des crédits votés) ces factures sont restées en souffrance, créant une tension de trésorerie immédiate pour les prestataires du secteur privé.
La conséquence directe de cette situation est le report de cette dette sur le Budget d'Investissement Public (BIP) de l'exercice 2026. Ce mécanisme de glissement comptable fait peser des risques majeurs sur la planification des infrastructures nationales. En premier lieu, cela induit une réduction inévitable des nouveaux lancements, puisque moins de ressources seront disponibles pour ouvrir de nouveaux axes routiers, les fonds étant prioritairement fléchés vers l'apurement du passé.
Par ailleurs, ce report alourdit le coût global de la dette pour l'État ; les retards de paiement peuvent en effet engendrer des intérêts moratoires, gonflant inutilement la facture finale supportée par le contribuable. Enfin, cette situation fragilise dangereusement le tissu industriel local, notamment les PME du BTP. Souvent dépendantes de ces règlements pour rembourser leurs propres emprunts bancaires, nombre d'entre elles se retrouvent aujourd'hui exposées à un risque réel de faillite.
Pour les experts, ce diagnostic confirme la nécessité d'une programmation plus réaliste des projets routiers. Si l'efficacité sur le terrain est au rendez-vous (comme en témoigne la consommation des crédits à 99 %), l'adéquation entre les ambitions d'émergence de la Stratégie Nationale de Développement (SND30) et les capacités de financement réelles de l'État demeure le principal défi.
Bernardo
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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