Financement des PME : Le crédit en crise dans la zone CEMAC
Dernière mise à jours il y'a 4 moisLa tendance du marché du crédit en Afrique Centrale, révèle une aggravation du coût global du financement bancaire au deuxième trimestre 2025. Cette hausse, imputable à la montée des frais et commissions associés aux prêts, a poussé le Taux Effectif Global (TEG) moyen de la zone de 10,21 % à 11,80 % en l'espace de trois mois, selon les données récentes de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC).
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Cependant, cette progression n'est pas uniforme. Les Petites et Moyennes Entreprises (PME), moteurs vitaux du tissu économique, se retrouvent au centre d'une onde de choc sans précédent. Leur coût d'emprunt a connu un bond vertigineux, s'établissant à un niveau moyen de 23,34 %, alors qu'il se situait à 11,41 % au trimestre précédent. Ce doublement, qui vient alourdir considérablement la charge de leur endettement, contraste fortement avec l'évolution pour les autres catégories d'emprunteurs.
L'analyse de la répartition de ces taux met en lumière une disparité frappante dans la politique de prêt des établissements financiers. Tandis que les PME subissent une pression maximale sur leurs conditions de financement, les particuliers voient leur TEG moyen progresser de façon plus contenue, de 14,93 % à 15,39 %.
À l'opposé, les grandes entreprises, perçues comme des clients à faible risque, bénéficient de conditions toujours plus préférentielles. Leur TEG moyen a même connu une légère amélioration, se repliant à 8,77 %, contre 9,31 % auparavant. Cette asymétrie de traitement témoigne d'une frilosité persistante des institutions bancaires régionales à l'égard des petites structures. Les banques justifient souvent cette posture par des préoccupations liées à la gouvernance des PME ou par l'insuffisance des garanties présentées, ce qui alimente une perception de risque plus élevé et se répercute directement sur le prix du crédit.
Le renchérissement du financement pour les PME n'est pas qu'un simple ajustement statistique ; il pose une contrainte structurelle majeure pour la croissance de la CEMAC. Ces entreprises, qui sont les principaux pourvoyeurs d'emplois et d'innovation dans la zone, verront leur capacité d'investissement et d'expansion sévèrement compromise par des coûts d'emprunt aussi élevés. Le maintien de cette concentration de la confiance bancaire sur un petit nombre d'acteurs bien établis freine la diversification économique et le développement d'une classe entrepreneuriale plus large.
Il en résulte un risque de ralentissement des créations de richesse et d'emplois, pénalisant l'ambition de développement soutenu de l'Afrique Centrale. L'urgence d'un rééquilibrage des conditions de prêt est évidente. Pour desserrer l'étau qui se resserre autour des PME, une action concertée entre les banques et les pouvoirs publics s'impose. Il devient impératif de mettre en place des mécanismes d'allègement ou de partage de risque, et d'améliorer l'environnement des affaires pour cette catégorie d'entreprises. L'enjeu est clair sans un accès au financement plus équitable et abordable, le potentiel de croissance de la CEMAC restera bridé, laissant son tissu entrepreneurial vital sous une pression financière intenable. La résorption de cet obstacle est essentielle pour bâtir une économie régionale plus résiliente et inclusive.
BCN
Floyd Miles
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