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Engrais : La facture des importations s'alourdit à 44,4 milliards de FCFA

Dernière mise à jours il y'a 6 jours

Tandis que le pays ambitionne de s'ériger en grenier de la sous-région, sa dépendance aux intrants chimiques étrangers ne cesse de croître, au point de devenir un fardeau macroéconomique. Au premier semestre 2025, les importations d’engrais ont englouti 44,4 milliards de FCFA, contre 40,2 milliards sur la même période l'année précédente, soit une hausse de 10,4 %.

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Cette envolée des dépenses, loin d'être un simple épiphénomène statistique, traduit une vulnérabilité structurelle où la productivité des sols  (et donc la sécurité alimentaire nationale) reste tributaire des fluctuations des marchés globaux et des aléas géopolitiques qui perturbent les chaînes d'approvisionnement mondiales.

Face à ce péril financier, le gouvernement a décidé d'accélérer la mutation industrielle du secteur via un projet d'envergure chiffré à 500 milliards de FCFA. Inscrit au Document de programmation budgétaire et économique à moyen terme (DPBEMT) 2026-2028, ce chantier repose sur la création d'une unité de production d'engrais chimiques en Partenariat Public-Privé (PPP). En ce mois de janvier 2026, le Ministère des Mines, de l'Industrie et du Développement Technologique (Minmidt) a franchi une étape opérationnelle cruciale en lançant l'appel à manifestation d'intérêt pour les études de Front-End Engineering Design (FEED). Cet audit technique et financier doit fixer les paramètres de faisabilité d'une usine capable de substituer les importations massives par une offre domestique compétitive, stabilisant ainsi les revenus des producteurs de coton, de cacao et de cultures vivrières.

L'enjeu de cette stratégie d'import-substitution dépasse la simple gestion comptable. Pour le Cameroun, il s'agit de sanctuariser les rendements agricoles contre les chocs de prix internationaux qui, par le passé, ont souvent asphyxié les petites exploitations. Le succès du DPBEMT 2026-2028 dépendra de la capacité de l'État à attirer des partenaires privés solides pour porter ce projet de 500 milliards de FCFA, tout en maintenant les subventions ciblées durant la phase de transition. À terme, la mise en service de cette unité de production locale constituerait un levier de souveraineté inédit, transformant le gaz naturel national en engrais de synthèse, réduisant ainsi durablement l'érosion des devises et offrant aux agriculteurs camerounais une visibilité tarifaire indispensable à la modernisation de l'appareil productif national.


Bernardo

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