CEMAC : L'urgence d'un rapatriement des avoirs extérieurs
Dernière mise à jours il y'a 6 joursRéunis en session extraordinaire le 23 janvier 2026, les Chefs d'État de la CEMAC, sous l'impulsion du Président Denis Sassou Nguesso, ont acté une directive: le rapatriement systématique des fonds publics domiciliés à l'extérieur et les exportations des entreprises.
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Face à un diagnostic macroéconomique qualifié de « préoccupant » par le Gouverneur de la BEAC, les leaders de la sous-région ont choisi la thérapie de choc. En reprenant physiquement et juridiquement possession de leurs avoirs extérieurs, les États membres ne cherchent plus seulement à protéger leurs réserves de change, ils entendent sanctuariser leur autonomie budgétaire face à un environnement mondial devenu imprévisible, transformant ainsi la BEAC en l'unique forteresse de la liquidité régionale.
Cette décision, qui fait suite aux travaux préparatoires du Comité ministériel de l'UMAC et du Conseil des ministres de l'UEAC, s'appuie sur une volonté de fer de consolider la position extérieure de la zone. Le rapport du Gouverneur de la BEAC a mis en lumière une fragilité systémique imposant des mesures "urgentes et vigoureuses". Le rapatriement des avoirs ne constitue que le premier volet d'un arsenal plus vaste visant à restaurer la transparence financière. Désormais, la conférence exige la publication mensuelle du Tableau des Opérations Financières de l’État (TOFE) par chaque pays membre. Ce renforcement de la communication statistique vise à rassurer les marchés tout en garantissant que les fonds rapatriés soient alloués avec une rigueur chirurgicale à la réduction des déficits et à la stabilisation de la dette publique.
Le Fonds Monétaire International (FMI), représenté par l'Administrateur du Groupe Afrique III, a apporté un soutien nuancé mais réel à cette dynamique, à condition qu'elle s'accompagne d'une discipline budgétaire sans faille. L'alignement stratégique avec le FMI reste au cœur des préoccupations : les lois de finances nationales de 2026 devront impérativement refléter les engagements pris en matière de soutenabilité de la dette. Ce rapatriement massif des fonds des banques étrangères vers les circuits communautaires est donc une arme à double tranchant. Si elle offre une marge de manœuvre inédite pour financer le redressement économique, elle impose aux institutions comme la BDEAC une responsabilité accrue dans l'orientation des capitaux vers des projets productifs, évitant ainsi que cette souveraineté retrouvée ne se dissolve dans une gestion à court-terme.
BCN
Floyd Miles
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