Actu Eco » Business and coorporation

Économie mondiale : Une croissance au ralenti

Dernière mise à jours il y'a 2 jours

L'élan de la machine économique planétaire s'émousse. Si l’année 2024 a permis de maintenir une certaine trajectoire de progression, le rythme observé témoigne d’un essoufflement par rapport aux performances de l’exercice précédent.

Lire aussi : Indice à la Production : Les prix sortie-usine en baisse de 3% en fin 2025

Ce reflux, documenté par le dernier Rapport de surveillance multilatérale, dessine une géographie de la croissance à plusieurs vitesses. Alors que la moyenne mondiale s'est établie à 3,3 % en 2024, contre 3,5 % en 2023, les projections pour le biennat 2025-2026 confirment cette tendance à la décélération, avec des prévisions respectives de 3,2 % et 3,1 %. Derrière ces chiffres froids se cache une réalité nuancée : la stabilité apparente des pays avancés contraste violemment avec la fragilité croissante des géants émergents.

Au sein du bloc des économies développées, la croissance s’est figée à 1,8 %, mais cette constance est trompeuse. Trois trajectoires divergentes fragmentent désormais cet ensemble. D'un côté, la zone euro et le Royaume-Uni affichent un raffermissement timide mais réel, portés par des taux de 0,9 % et 1,1 %. De l'autre, les États-Unis maintiennent une vigueur relative à 2,8 %, stabilisant le groupe central avec l'Italie et le Canada. Cependant, l'ombre au tableau vient de l'Allemagne, dont l'activité a basculé dans le rouge avec une contraction de -0,2 % en 2024. Ce recul de la première puissance européenne souligne la fin d’un cycle et l'urgence de réformes structurelles pour conjurer la stagnation.

À l’inverse, l’Afrique subsaharienne émerge comme une zone de résilience, affichant une progression qui défie la torpeur globale. En passant de 3,6 % en 2023 à 4,1 % en 2024, le continent bénéficie d'une amélioration notable des conditions météorologiques et d'un renforcement de l'offre locale. Le Nigéria, locomotive régionale, symbolise ce renouveau avec un taux de 4,1 %, sa meilleure performance depuis une décennie. Cette dynamique est irriguée par le dynamisme des secteurs pétrolier, gazier, mais aussi par une percée spectaculaire dans la finance et les technologies de l’information. Si l'Afrique du Sud peine encore à s'extraire d'une croissance atone à 0,5 %, les perspectives pour 2026 laissent présager une consolidation générale du continent autour de 4,4 %.

Ce panorama mondial met en exergue le défi qui attend les décideurs pour les deux prochaines années. Le ralentissement observé en Chine et en Inde pèse lourdement sur le groupe des pays émergents, jadis moteurs infatigables de l'économie mondiale. Dans ce contexte de mutation, la surveillance multilatérale devient l'outil indispensable pour naviguer entre les incertitudes persistantes. Pour les économies en développement, l'enjeu de 2026 sera de transformer ces gains de croissance en stabilité durable, tout en se protégeant des ondes de choc venues de marchés avancés de plus en plus fragmentés.


Ndjomo Carlos

bernardo2
bernardo carlos ndjomo
17 0

Commentaire(s) du post

Nous sommes ravis que vous souhaitiez laisser un commentaire sur notre site. Pour nous aider à maintenir un environnement respectueux et constructif, nous vous invitons à fournir votre nom, prénom et adresse e-mail. Cela permettra également de créer une communauté engagée et authentique. Nous apprécions votre contribution et nous avons hâte de lire votre commentaire. Merci d'avance!

Africa First Club

Inscrivez vous à notre Newsletter

© Africa First Club. All Rights Reserved. Design by Brice eyebe