Dialogue public-privé : Le point des 100 premiers jours après le reprise de Eneo
Dernière mise à jours il y'a 2 joursLe 22 janvier 2026, le siège du GECAM à Douala, a servi de cadre d'échanges entre Gaston Eloundou Essomba, Ministre de l’Eau et de l’Énergie, et les membres du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM). Une rencontre sous fond de crise face aux préoccupations du secteur privé, mais qui a également permis de fixer les axes prioritaires de la société en charge de la fourniture d'électricité, 100 jours après sa reprise.
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Dans l’arène du patronat, le langage diplomatique a cédé la place à une quête de vérité technique. Alors que le budget 2026 du ministère affiche plus de 425 milliards de FCFA, le défi reste entier : réconcilier les réformes structurelles de l’État avec les besoins immédiats des usines qui, selon Célestin Tawamba, président du GECAM, s’essoufflent face à une visibilité qui se dégrade.
Au cœur des débats, la renationalisation d’Eneo Cameroon (finalisée en ce début d'année pour 78 milliards de FCFA) cristallise toutes les attentions. Si le départ du fonds Actis marque la reprise en main souveraine du réseau, il s'accompagne d'un héritage financier lourd d'environ 800 milliards de FCFA de passif.
Le constat est alarmant!
L'analyse des flux financiers révèle un déséquilibre structurel avec des recettes mensuelles chiffrées à milliards de FCFA, tandis que les engagements mensuels cumulent à 44 milliards de FCFA; soit un déficit mensuel permanent de13 milliards de FCFA.
Cette rupture d'équilibre financier, est, selon le membre du gouvernement, à l’origine de la paralysie des investissements dans le secteur.
Pour les capitaines d’industries, cette transition ne doit pas être un simple changement d’enseigne, mais le point de départ d’une modernisation. Le Ministre a tenu à rassurer en présentant le Compact énergétique, un plan de transformation évalué à plus de 7 000 milliards de FCFA à l'horizon 2030, où le secteur privé est appelé à jouer un rôle de premier plan, notamment dans l'électrification hors réseau et la production décentralisée.
L’urgence opérationnelle a cependant dominé l’agenda. Face au déficit hydrique qui pèse sur les barrages et à la saturation des lignes de transport, notamment l’axe névralgique Edéa-Douala, Gaston Eloundou Essomba a dévoilé des mesures de riposte immédiates. L’annonce du raccordement de 150 MW supplémentaires dédiés spécifiquement aux industriels de la zone de Douala d’ici la fin de l’année 2026 a été reçue comme une bouffée d’oxygène. Parallèlement, l’offensive contre les pertes non techniques s’accélère avec le déploiement massif de compteurs intelligents, une technologie censée assainir les relations commerciales et restaurer l’équilibre financier d’un secteur longtemps fragilisé par la fraude et les impayés.
Cette concertation marque une rupture dans la méthode. Le gouvernement ne se contente plus d’édicter des normes ; il soumet sa stratégie au crible de ceux qui consomment l'énergie pour produire de la richesse. En intégrant les PME locales dans les chaînes d’approvisionnement des grands chantiers énergétiques et en instaurant un dialogue intersectoriel permanent, le ministère de l'Eau et de l'Énergie tente de bâtir un contrat de confiance. Si le chemin vers la stabilité totale reste semé d'embûches, la feuille de route tracée à Douala pose les jalons d'un futur où la lumière ne sera plus un luxe aléatoire, mais l'armature solide de l'émergence industrielle nationale.
Ndjomo Carlos
Floyd Miles
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