Commerce extérieur : Le corridor Cameroun-Nigeria génère 41 milliards de FCFA de flux au troisième trimestre 2025
Dernière mise à jours il y'a 6 joursLa réalité des chiffres publiés par la National Bureau of Statistics (NBS) du Nigeria et l'Institut National de la Statistique (INS) du Cameroun expose un déséquilibre persistant. Au troisième trimestre 2025, les échanges bilatéraux ont franchi le cap des 41 milliards de FCFA (environ 104 milliards de nairas), marquant une progression de 10 % en un an. Pourtant, cette embellie comptable masque une hégémonie nigériane écrasante : Abuja a drainé 40,4 milliards de FCFA d'exportations vers le marché camerounais, laissant Yaoundé dans une posture de dépendance structurelle où ses propres expéditions peinent à franchir le seuil symbolique du milliard de FCFA.
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L'analyse de la structure des flux met en lumière les fragilités de l'appareil productif camerounais face à la puissance de frappe industrielle de son voisin. Les importations en provenance du Nigeria sont massivement dominées par les hydrocarbures, les lubrifiants et les intrants comme le clinker, le sel (8,4 milliards de FCFA) et le soufre. À l'inverse, le Cameroun ne capte que 2 % des exportations africaines du Nigeria, loin derrière la Côte d'Ivoire (29,38 %) et le Ghana (14,56 %). En ce mois de janvier 2026, le constat est sans appel : malgré une frontière commune de 2 100 km et l'ouverture de nouveaux ouvrages comme le pont de 408 mètres reliant les deux nations, le Cameroun enregistre un recul de ses exportations, tombées à environ 1 milliard de FCFA contre 1,1 milliard l'année précédente, révélant une incapacité chronique à transformer la proximité géographique en levier de croissance.
L'année 2026 s'annonce donc comme celle de tous les défis pour Yaoundé, qui doit impérativement réajuster sa stratégie d'import-substitution pour équilibrer ce corridor vital. Si le déficit commercial global du Cameroun s'est réduit au premier trimestre 2025 grâce à l'envolée des cours du cacao, la relation avec le Nigeria reste le "point aveugle" de cette performance. Pour inverser la vapeur, l'accélération des réformes douanières et la sécurisation des axes logistiques transfrontaliers, notamment via le corridor Douala-Lagos, sont indispensables. Sans une montée en gamme de l'offre agro-industrielle camerounaise et une meilleure maîtrise des circuits informels, le Nigeria continuera de dicter le tempo de cet échange bilatéral, transformant le vaste marché nigérian en un mirage économique pour les entreprises locales.
BCN
Floyd Miles
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