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Cemac : Le taux de rapatriement des devises des entreprises extractives passe de 35 à 70% d'ici à 2028

Dernière mise à jours il y'a 3 heures

Par une instruction signée le 23 avril 2026, le gouverneur Yvon Sana Bangui a acté un relèvement substantiel de l'obligation de rapatriement des devises pour les entreprises du secteur extractif. Actuellement fixé à 35 %, ce taux passera à 50 % dès janvier 2027, pour atteindre 70 % en 2028. Ce virage réglementaire marque la fin d'une période de tolérance et vise à réintégrer les flux financiers issus des ressources naturelles dans le circuit bancaire régional afin de stabiliser le franc CFA.

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La situation des réserves de change, en repli de plus de 10 % sur un an pour s'établir à 6 769 milliards FCFA à la fin du mois de février 2026, impose une discipline accrue. Pour l'institut d'émission, il est impératif de limiter la fuite des capitaux dans un contexte de forte demande en importations. En relevant les seuils de rapatriement, la BEAC cherche à constituer un matelas financier capable de prémunir la sous-région contre les chocs extérieurs. Cette mesure, bien que progressive, sonne comme un rappel à l'ordre pour les opérateurs qui bénéficiaient jusqu'ici de moratoires négociés. La stabilité monétaire dépend directement de la capacité des États à capter les bénéfices réels de leurs exportations.

Le dossier des fonds de réhabilitation des sites pétroliers et miniers cristallise les tensions entre l'institution de crédit et les multinationales. Le gouverneur a ouvertement critiqué l'attitude de certains groupes, dénonçant un manque de transparence sur les chiffres effectifs. En choisissant de laisser désormais les États négocier directement avec les industriels sur ce point précis, la BEAC se concentre sur sa mission régalienne : le contrôle des flux monétaires. Cette clarification des rôles vise à lever les obstacles bureaucratiques et à accélérer la mise en conformité du secteur extractif avec les standards de la zone.

Maîtriser les circuits de devises garantit une autonomie de gestion pour les économies d'Afrique Centrale. En renforçant les réserves de change, la zone CEMAC s'offre les moyens de financer ses projets de développement à des conditions plus avantageuses sur les marchés. La pérennité du modèle monétaire exige une implication totale des grands contributeurs économiques. Chaque unité monétaire rapatriée fortifie la crédibilité de l'union monétaire auprès des institutions internationales. Ce durcissement réglementaire consacre l'alliance entre rigueur monétaire et protection du patrimoine financier commun. Chaque flux réintégré renforce la robustesse de l'économie sous-régionale.


Ndjomo Carlos

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