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Blé : Les importations chiffrées à 45 milliards de FCFA au premier trimestre 2025

Dernière mise à jours il y'a 2 jours

Les chiffres du Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC) révèlent une réalité comptable : 45,3 milliards de FCFA ont été engloutis pour l'achat de 278 408 tonnes de céréales.

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 Cette trajectoire ascendante soit une hausse de 8,4 % en valeur par rapport à l'exercice précédent  confirme que malgré les velléités d'autarcie, le pain des Camerounais reste irrigué par des devises qui s'évaporent vers les ports de la Baltique ou de la Mer Noire. Entre la Pologne, qui maintient son rang de fournisseur de premier plan avec 18,2 milliards de FCFA de cargaisons, et les industries meunières locales en quête perpétuelle de matière première, le blé pèse désormais 4 % de la valeur totale de nos importations, rivalisant avec le riz et le poisson congelé pour le titre de principal contributeur au déficit commercial national.

Cette dépendance structurelle place le pays sur une ligne de crête macroéconomique. Si le recours à la Pologne s'est légèrement ajusté, le poids global des céréales étrangères dans la balance des paiements reste une hypothèque sur la souveraineté monétaire de la zone. Pour les analystes financiers, cette "boulimie" de blé n'est pas qu'une question de consommation ; elle reflète l'incapacité momentanée de l'appareil productif local à suivre le rythme d'une urbanisation galopante. En 2025, le coût de la tonne a subi les contrecoups de la logistique mondiale, propulsant la facture trimestrielle vers les sommets, alors même que les réserves de change de la BEAC exigent une discipline de fer sur les sorties de devises non productives.

C'est dans ce contexte de tension qu'un signal de résistance agronomique a été envoyé depuis les plateaux de l'Adamaoua. Le 23 janvier 2026, à Wassandé, sur les cendres de l'ancienne Sodéblé, l'Institut de recherches agronomiques pour le développement (IRAD) a lancé la moisson de l'espoir. Avec 600 tonnes de semences de base attendues sur ce site historique, et un cumul de 1 600 tonnes produites en trois ans, le Cameroun tente de reconstruire son indépendance grain par grain. Ces semences, destinées aux multiplicateurs et aux agriculteurs via le ministère de l'Agriculture, constituent le premier maillon d'une chaîne de valeur que le chef de l'État a décidé de financer à hauteur de 10 milliards de FCFA sur cinq ans depuis 2022.

Toutefois, le chemin entre la récolte de Wassandé et le pétrin du boulanger reste semé d'embûches industrielles. La relance de la production locale doit impérativement s'accompagner d'une modernisation des infrastructures de stockage et de transformation dans le Grand Nord et le Nord-Ouest pour espérer infléchir les statistiques du CNCC.


Ndjomo Carlos

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