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Aquaculture : L'Afrique face aux défis des coûts de production

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

Le potentiel des écosystèmes aquatiques africains reste l’un des leviers les plus prometteurs, mais aussi les plus sous-exploités pour garantir la souveraineté alimentaire du continent. Selon le récent rapport « Investing in Blue Foods » du Forum économique mondial (WEF), le poisson s’impose comme la source de protéines animales la plus accessible financièrement, particulièrement en Afrique de l’Ouest. Pourtant, malgré cet avantage comparatif, la filière peine à combler un déficit protéique annuel estimé à 13,6 millions de tonnes à l'échelle continentale.

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L’aquaculture, identifiée comme l'alternative durable à la pêche sauvage menacée par la surexploitation, fait face à des obstacles structurels majeurs, à commencer par le coût exorbitant des intrants. En Afrique, l'alimentation des poissons représente entre 70 % et 80 % des charges d'exploitation, contre une moyenne mondiale de 60 %. Cette situation est aggravée par une forte dépendance aux aliments importés, faute de capacités de production locale suffisantes. Ce surcoût, combiné à un accès limité à des alevins de qualité, réduit la compétitivité des producteurs africains et freine l'expansion d'une industrie encore très concentrée géographiquement, notamment en Égypte et au Nigeria.

Un autre défi de taille réside dans la gestion des pertes après la récolte. Le manque d'infrastructures de stockage et de chaînes du froid performantes entraîne la disparition d'un tiers de la production halieutique avant même qu'elle n'atteigne l'assiette du consommateur. Ces pertes logistiques sont doublées par un gaspillage lors de la transformation : près de la moitié du poisson traité est actuellement perdue, alors que les parties délaissées (têtes, arêtes, peaux) possèdent une valeur nutritionnelle exceptionnelle.

Pour inverser la tendance, le WEF préconise une modernisation des procédés de transformation et une valorisation des sous-produits en farines ou ingrédients nutritionnels. Une telle approche permettrait d'accroître l'offre de protéines sans augmenter la pression sur les stocks naturels. En optimisant ainsi chaque maillon de la chaîne, de la nutrition animale à la conservation, l'Afrique pourrait réduire son déficit protéique de 25 % et faire de son économie bleue un véritable moteur de santé publique et de résilience économique.


Ndjomo Carlos

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