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Agriculture : Le top 5 des pays africains producteurs d’orge

Dernière mise à jours il y'a 8 heures

L'industrie céréalière africaine, longtemps focalisée sur le blé et le maïs, voit l'orge s'imposer comme un actif stratégique au croisement de la sécurité alimentaire et de la souveraineté industrielle. Si les rivages méditerranéens ont historiquement porté l'essentiel de l'offre, une nouvelle dynamique s'installe sur le continent.

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Alors que des géants comme Nigerian Breweries Plc lancent des programmes pilotes pour réduire leur dépendance aux importations, les données publiées en novembre 2025 par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) confirment une hiérarchie continentale où l'Éthiopie et le Maghreb dictent le rythme de la production.

Avec une récolte annuelle moyenne de 2,2 millions de tonnes, l’Éthiopie s’affirme comme la seule puissance agricole du continent ayant atteint l’autosuffisance dans cette filière. Sur les hauts plateaux, l’orge n'est pas qu'une simple matière première pour les multinationales de la brasserie  qui captent 45 % de la demande  mais demeure un pilier de la consommation domestique. L'intégration de semences certifiées et l'extension des zones de culture sur près d'un million d'hectares ont permis à Addis-Abeba de transformer cette céréale en un moteur de développement rural, devançant largement les puissances du Nord.

Le Maroc, l'Algérie et la Tunisie occupent les rangs suivants, mais avec des profils économiques distincts. Le Royaume chérifien, deuxième producteur continental avec 1,6 million de tonnes, parvient à couvrir 80 % de ses besoins, destinés prioritairement à l’alimentation du bétail. À l'inverse, l’Algérie et la Tunisie font face à un déficit structurel marqué, important respectivement plus de la moitié et les trois quarts de leur consommation. Dans ces économies, l'orge agit comme une variable d'ajustement climatique : sa demande explose dès que les pâturages s'amenuisent, renforçant la pression sur les balances commerciales.

En queue de ce classement, l’Afrique du Sud consolide sa position avec près de 337 600 tonnes. Bien que sa production soit modeste comparée à l'Éthiopie, elle se distingue par une spécialisation poussée vers le maltage de haute qualité. Cette orientation vers les standards industriels mondiaux inspire désormais d'autres nations, à l'instar du Nigeria, qui espère intégrer ce club restreint d'ici 2030. La réussite de ces nouvelles ambitions dépendra de la capacité des acteurs privés et publics à structurer des chaînes de valeur capables de résister à la volatilité des marchés mondiaux du malt.

La cartographie de l'orge en Afrique révèle ainsi une fracture entre les nations utilisant la céréale comme bouclier contre l'insécurité fourragère et celles qui l'érigent en levier de compétitivité brassicole. Pour les décideurs économiques, l'enjeu des prochaines années résidera dans la réduction du déficit d'approvisionnement des pays du Nord et l'accélération de la recherche agronomique pour adapter cette culture aux zones tempérées de l'Afrique subsaharienne.


Asaba

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bernardo carlos ndjomo
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