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Secteur financier en zone CEMAC: une nouvelle ère s'ouvre...

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

L’offensive de fermeté affichée par l’autorité monétaire de la CEMAC à l’encontre des établissements de crédit et de microfinance impose une remise en question profonde des pratiques de gouvernance au sein de notre espace économique. La fin de la complaisance administrative stipule que la solidité d’une institution ne saurait plus être dissociée de la rigueur de son contrôle interne. Cette volonté de restaurer l’autorité des normes prudentielles indique que la gestion des risques s'élève désormais au rang d’impératif catégorique, là où régnait autrefois une tolérance délétère pour l’équilibre monétaire de la sous-région.

Le franchissement du cap des 2 000 milliards de FCFA de créances en souffrance souligne l’urgence d’un assainissement radical. On ne peut prétendre bâtir une émergence souveraine sur des portefeuilles dont la dégradation menace la liquidité même du système. La sanction, par sa force symbolique, rappelle aux états-majors financiers que la rentabilité commerciale est nulle si elle ne repose pas sur une transparence absolue. La conformité doit être perçue comme l’acte de naissance d’une architecture bancaire capable de résister aux chocs systémiques et de garantir, par elle-même, la stabilité de notre monnaie face aux incertitudes globales.


Le segment de la microfinance, pivot de l’inclusion économique, se trouve au centre de cette exigence de redressement. La proximité territoriale avec les populations ne peut plus servir de paravent à l’absence de standards de gestion ou à une solvabilité chancelante. Le retrait des agréments et l’engagement de la responsabilité personnelle des dirigeants sont les leviers d’une purge indispensable pour crédibiliser la profession. Pour que le capital local devienne le moteur réel de la croissance, il doit impérativement se soumettre aux canons de la rigueur institutionnelle et de l’éthique de responsabilité.


La trajectoire vers une prospérité durable nous oblige à une discipline qui ne souffre aucune exception. La capacité de la CEMAC à attirer des investissements structurants dépend de la fiabilité de son appareil financier. En frappant les manquements dès leur apparition, le régulateur ne cherche pas à brider l’initiative, mais à sécuriser les fondations d’un système résilient. Chaque mesure de redressement est un investissement dans la dignité de notre signature économique. Il appartient désormais aux acteurs du marché de comprendre que, dans ce nouvel ordre financier, l’excellence de la gouvernance est la seule garantie de pérennité et de respectabilité internationale.


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Bonne lecture!


EWC, DP

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bernardo carlos ndjomo
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