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Réhabilitation de la SONARA : quels enjeux pour le Cameroun ?

Dernière mise à jours il y'a 3 heures

La dépendance totale du Cameroun vis-à-vis des importations de produits pétroliers raffinés alourdit la balance commerciale nationale et expose l’économie à la volatilité des cours mondiaux des hydrocarbures. La refonte technique des installations de la Société Nationale de Raffinage (SONARA), partiellement détruites par un incendie majeur en mai 2019, représente un impératif d'indépendance industrielle. Les projections budgétaires de l'État intègrent une enveloppe de restructuration financière visant à apurer la dette contractée auprès des traders internationaux, qui s’élevait initialement à plus de 260 milliards de Francs CFA, parallèlement au refinancement des banques locales engagées à hauteur de 80 milliards de Francs CFA. L’objectif de l'appareil productif national consiste à rétablir une capacité de traitement locale minimale de 2,1 millions de tonnes de pétrole brut par an afin de sécuriser l'approvisionnement du marché intérieur et d'alléger la sortie de devises.

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La modernisation de l'outil industriel impose une transition technologique vers l'hydrocraquage, un procédé technique indispensable pour traiter le brut lourd extrait des gisements nationaux, alors que l'ancienne configuration technique ne permettait que le raffinage de bruts légers importés. La facture annuelle des importations de carburants (super, gasoil et kérosène) engloutit plus de 800 milliards de Francs CFA par an, grevant le budget de l'État à travers le mécanisme de subventions aux prix à la pompe qui a consommé 150 milliards de Francs CFA de ressources publiques au cours du dernier exercice validé. Les discussions en cours avec les consortiums internationaux de financement pour la reconstruction des unités de distillation ciblent un apport en capital de 400 millions de dollars sous forme de partenariat public-privé.


L'optimisation du raffinage local intègre également une dimension sous-régionale au sein de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC), zone où la demande globale en produits pétroliers affiche une croissance annuelle de 4,5 %. L’insuffisance des capacités de stockage et de raffinage sur le littoral africain offre une opportunité commerciale immédiate pour les fûts camerounais retraités, à condition que les infrastructures logistiques de Limbé s'alignent sur les standards environnementaux internationaux. Pour les autorités financières, la viabilité à long terme de l’unique raffinerie du pays exige une gouvernance rigoureuse des flux de trésorerie, la sécurisation des approvisionnements en matières premières et la mise en place d'un mécanisme de prix transparent garantissant un retour sur investissement attractif pour les opérateurs industriels privés.


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