Notation financière : Quand l'incertitude politique fragilise la stabilité économique du Cameroun
Dernière mise à jours il y'a 37 minutesLa sanction des marchés financiers internationaux ne s'est pas fait attendre. Alors que le 16 octobre 2026, l'agence américaine de notation financière Fitch Ratings rétrogradait la note souveraine à long terme du pays de « B » à « B- », tout en l'assortissant d'une perspective stable, dès la séance du 19 octobre, cette dégradation enclenchait un net renchérissement des rendements sur le marché secondaire des euro-obligations, le taux de l'emprunt à échéance 2033 grimpant à un sommet de 10,65 %, tandis que celui de la souche 2031 s'établissait à 10 %.
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Cette réévaluation du risque souverain reflète l'accumulation de tensions structurelles sur les finances publiques, le durcissement des conditions d'accès aux liquidités internationales et les incertitudes politiques liées à la transition politique et à la succession présidentielle pèsent lourdement sur la perception du risque pays.
Dans son analyse rétrospective et prospective, l'agence de notation pointe l'accroissement marqué des besoins de financement brut de l'État, projetés à 7,3 % du produit intérieur brut (PIB) pour l'exercice 2026, contre 5 % en 2025. Cette amplification des contraintes budgétaires survient dans un contexte de transition réglementaire marqué par l'expiration, en juillet 2025, du programme d'accompagnement financier conclu avec le Fonds monétaire international (FMI).
Le tarissement relatif de la capacité d'absorption du marché monétaire régional de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) accentue l'exposition de la monnaie nationale aux emprunts extérieurs. Les établissements de crédit de la sous-région affichent un niveau d'engagement élevé sur les titres publics, l'exposition souveraine représentant près de 30 % de leurs actifs globaux à la fin de l'exercice 2025. Cette saturation du marché sous-régional contraint les autorités financières à solliciter davantage les investisseurs institutionnels internationaux.
La hausse des rendements exigés sur les titres en devises complexifie l'exécution des opérations de refinancement. Alors que le ministère des Finances envisageait une réouverture de sa ligne obligataire internationale à échéance 2033 pour lever un montant complémentaire de 300 millions de dollars, les exigences de prime de risque imposées par le marché secondaire augmentent mécaniquement le coût moyen d'endettement des futures opérations de levée de fonds.
Malgré cette dégradation de la signature souveraine, le profil de solvabilité du pays conserve des facteurs d'ancrage solides. L'encours de la dette publique, évalué à 42,5 % du PIB à la clôture de l'exercice 2025, demeure nettement inférieur aux seuils de convergence communautaires et aux moyennes observées au sein des économies de catégorie de notation équivalente.
Nlend Flore
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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