Marché mondial : Le cours du sucre en baisse
Dernière mise à jours il y'a 10 heuresLe sucre s'enfonce dans une spirale baissière qui ne semble pas vouloir trouver de plancher. Après une année 2025 marquée par un reflux spectaculaire de 16,9 %, cette denrée entame l'exercice 2026 sous la barre psychologique des 331 dollars la tonne.
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Alors que l'année 2025 s'est achevée sur une dépréciation brutale de 16,9 %, les premières semaines de 2026 confirment que le cycle de cherté est bel et bien rompu. Sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de New York, la livre de sucre brut, qui culminait à plus de 18 cents début 2025, a entamé sa chute libre pour s'installer durablement sous les 15 cents. Ce reflux massif des cours n'est pas un simple soubresaut du marché, mais la conséquence mécanique d'une production mondiale qui sature désormais la demande, offrant aux pays importateurs, notamment africains, une opportunité inespérée de réduire leur facture alimentaire.
La raison de ce reflux est que le monde regorge de sucre. Les projections de l'USDA pour la campagne 2025/2026 font état d'une production record de 189,25 millions de tonnes, alors que la consommation mondiale peine à franchir la barre des 178 millions. Ce surplus de 11 millions de tonnes, alimenté par les récoltes massives du Brésil et de l’Inde, crée un goulot d'étranglement de l'offre qui tire les prix vers le bas. Même avec la prudence habituelle de la FAO, qui estime l’excédent à 5,1 millions de tonnes, la tendance lourde reste la même : les entrepôts mondiaux sont pleins. Avec des stocks en hausse de 5 %, la pression déflationniste sur la "poudre blanche" devient un facteur structurel de l'économie mondiale en 2026, au grand dam des producteurs, mais au bénéfice direct des transformateurs industriels.
Pour les puissances importatrices du continent africain, cette déroute des cours est une bénédiction macroéconomique. Le Nigéria, l'Algérie, l'Égypte et le Maroc, qui absorbent près de la moitié des achats du continent, voient leurs dépenses de change s'alléger considérablement. Avec des importations africaines prévues en hausse de 4,5 % pour atteindre 18,5 millions de tonnes, le gain financier généré par la baisse de 3 % supplémentaire anticipée par la Banque mondiale pour 2026 se compte en centaines de millions de dollars. Ce sucre "low-cost" qui inonde le marché international permet de stabiliser l'inflation des produits de grande consommation et redonne de l'oxygène aux budgets des ménages, dans un contexte où la résilience des économies africaines est plus que jamais scrutée.
Si l'abondance actuelle favorise les consommateurs, elle place les filières sucrières locales sous une pression concurrentielle intense. L'effondrement des tarifs mondiaux oblige les acteurs africains à une mue de productivité pour ne pas être balayés par le sucre importé à bas prix. La spirale baissière, loin d'être un phénomène éphémère, s'installe comme la nouvelle norme d'un marché saturé, transformant ce qui était autrefois une denrée de luxe en une commodité accessible, dont le coût n'a cessé de s'effriter mois après mois, pour le plus grand bénéfice des balances commerciales des pays importateurs.
Ndjomo Carlos
Floyd Miles
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