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Marché du girofle : Le quatre pays africains qui dictent la loi des prix mondiaux

Dernière mise à jours il y'a 10 heures

L’Afrique confirme son rang de deuxième pôle exportateur mondial, talonnant de près l'Asie. Si le marché global est estimé à 5,7 milliards de dollars, c'est un quatuor d'États africains qui tient fermement les rênes de l'offre internationale.

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De Madagascar à la Tanzanie, l'épice est devenue un actif stratégique, au point de susciter de nouvelles convoitises. Le Nigeria vient d'annoncer, le 25 janvier 2026 à Zaria, le lancement imminent de sa première campagne de culture à grande échelle. L'ambition d'Abuja est claire : briser le monopole du noyau historique pour devenir, dès cette année, un acteur incontournable de la filière.

Madagascar demeure la tour de contrôle de cette industrie sur le continent, concentrant 60 % de la production africaine. Entre 2020 et 2024, la Grande Île a maintenu une cadence moyenne de 24 419 tonnes annuelles, transformant les régions de l'Analanjirofo et de la Sava en véritables poumons financiers. Pour les 18 000 agriculteurs malgaches impliqués, le girofle est bien plus qu'une épice : c'est le deuxième produit d'exportation après la vanille, générant environ 178,3 millions de dollars de recettes annuelles. Malgré une baisse des volumes exportés au premier semestre 2025 due à des conditions climatiques erratiques, la campagne 2025-2026 s'ouvre sous de meilleurs auspices, avec des prix à l'exportation stabilisés autour de 6,2 dollars le kilo, soutenant une croissance agricole projetée à 4 % pour l'année en cours.

La Tanzanie, portée par l'archipel de Zanzibar, s'affirme comme le second pilier avec une production moyenne de 8 580 tonnes. À Unguja et Pemba, le girofle est une institution d'État, la Zanzibar State Trade Corporation (ZSTC) conservant le monopole des exportations pour garantir la qualité. Les autorités visent le cap des 10 000 tonnes, soutenues par une distribution massive de semences sélectionnées. Juste derrière, l'Union des Comores joue sa survie économique sur cette culture, qui représente 60 % de ses recettes d'exportation agricole. Avec 7 308 tonnes produites en moyenne, les îles d'Anjouan et de Mohéli vivent au rythme des cours mondiaux, faisant de cette épice l'unique baromètre de la santé financière de l'archipel.

À la périphérie de ce trio dominant, le Kenya tente de structurer une filière encore embryonnaire. Avec une production modeste de 2 141 tonnes centrée sur les comtés de Mombasa et de Lamu, Nairobi destine pour l'instant l'essentiel de sa récolte à sa consommation intérieure. Toutefois, l'effervescence actuelle du marché mondial et la hausse de 5,3 % de la demande projetée d'ici 2030 poussent les autorités kenyanes à envisager une transition vers l'exportation. Cette reconfiguration de l'offre africaine, marquée par l'arrivée du Nigeria et la modernisation des infrastructures de distillation à Madagascar, dessine les contours d'un continent qui ne veut plus seulement produire, mais orchestrer la valeur ajoutée d'un "or végétal" dont il est devenu le gardien.


Ndjomo Carlos

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