Investissement direct des particuliers : Le Cameroun affiche une timidité en zone CEMAC
Dernière mise à jours il y'a 8 heuresMalgré son statut de locomotive économique de la zone Cemac, le Cameroun est à la traîne dans le segment de l’investissement direct des particuliers dans les titres publics. Selon les données de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), les personnes physiques camerounaises ne détenaient que 25,9 milliards de FCFA en valeurs du Trésor. Un chiffre qui contraste avec le dynamisme observé chez ses voisins, où la culture du placement souverain semble bien plus ancrée.
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Le fossé est particulièrement net avec le Tchad. Bien que doté d'un marché financier moins vaste, les particuliers tchadiens ont injecté 108 milliards de FCFA dans les titres publics, soit quatre fois plus que les épargnants camerounais. Le Gabon et le Congo suivent une tendance similaire, avec des souscriptions individuelles gravitant autour de 70 milliards de FCFA chacune. Ce décalage interroge sur les mécanismes de sensibilisation et l'accessibilité des produits financiers pour le grand public au Cameroun.
À l’échelle régionale, le marché reste structurellement dominé par les banques agréées comme Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT), qui contrôlent 63,2 % de l’encours global, soit près de 5 974 milliards de FCFA. Cette hégémonie bancaire s'explique en partie par la réticence de ces intermédiaires à céder leurs titres au marché secondaire. Au lieu de vendre leurs actifs aux particuliers ou aux institutionnels comme les assurances, les banques privilégient la "pension livrée" un échange de titres contre liquidités entre institutions financières qui a brassé 826,9 milliards de FCFA sur le seul mois de janvier.
Cette concentration des titres entre les mains des banques freine la diversification des risques et limite l'inclusion financière. Pour la BEAC, l'enjeu des prochaines années sera de contraindre les SVT à animer davantage le marché secondaire au profit des épargnants. Une plus grande participation des particuliers camerounais permettrait non seulement de stabiliser les ressources des États, mais aussi d'offrir aux ménages une alternative de placement plus rémunératrice que l'épargne classique, contribuant ainsi à une meilleure circulation de la richesse au sein de l'Union monétaire.
Nlend Flore
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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