Marché financier : Le Cameroun injecte 70% des souscriptions dans l'emprunt obligataire du Gabon
Dernière mise à jours il y'a 4 heuresÀ la clôture des opérations de placement du titre public gabonais dénommé « EOG 2026 », les investisseurs basés au Cameroun se taillent la part du lion en injectant 122 milliards de francs CFA sur l'ensemble des souscriptions enregistrées dans la sous-région.
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L'hégémonie camerounaise s'est appuyée sur le dynamisme exclusif de son secteur de l'intermédiation financière, les maisons de courtage ESS Bourse et CCA Bourse ayant piloté la mobilisation des capitaux en s'adjugeant respectivement 66,6 % et 26,1 % du volume global des ordres. L'appel public à l'épargne s'est soldé par un taux de sursouscription exceptionnel de 204 %, transformant la recherche initiale de 85 milliards en une enveloppe globale collectée de 173,5 milliards de francs CFA.
La structure des souscriptions met en évidence la concentration des ressources entre les mains des investisseurs institutionnels au détriment de l'actionnariat populaire. Les personnes morales, regroupant les établissements de crédit, les compagnies d'assurances et les fonds de prévoyance sociale, ont injecté 161,2 milliards de francs CFA, soit 93 % du montant total mobilisé. Les banques commerciales ont joué un rôle de premier plan, 7 institutions financières participantes absorbant à elles seules près de 60 % des allocations institutionnelles. À l'opposé, l'épargne des ménages reste marginale dans les arbitrages patrimoniaux régionaux : les 62 souscripteurs particuliers recensés n'ont généré qu'une contribution de 12,3 milliards de francs CFA, soit à peine 7 % des capitaux recueillis. Le regroupement de l'ensemble de la levée de fonds autour de seulement 103 participants globaux illustre la faible profondeur et l'étroitesse d'un marché financier encore fortement dépendant d'un noyau restreint de banquiers d'affaires.
Validée par la Commission de surveillance du marché financier de l'Afrique centrale (Cosumaf) en février 2026, la manœuvre financière doit donner de l'air aux comptes publics de Libreville. Le gouvernement gabonais destine le surplus de ressources au financement de ses projets d'infrastructures territoriales et industrielles inscrits dans la loi de finances, tout en réservant un compartiment de 25 milliards de francs CFA pour le rachat et l'apurement de sa dette commerciale intérieure. Les investisseurs ayant fait le pari de la signature gabonaise percevront les premiers coupons d'intérêts dès l'exercice 2027. Le remboursement du principal s'effectuera de manière amortie à l'échéance, avec un dénouement programmé en 2029 pour la tranche A et en 2030 pour la tranche B, scellant ainsi une alliance financière stratégique entre le Trésor gabonais et les gestionnaires de fonds camerounais.
Nlend Flore
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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