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Hausse des tarifs d'électricité : un mal nécessaire?

Dernière mise à jours il y'a 1 heures

L’annonce d’une hausse ciblée des tarifs d’électricité pour les abonnés professionnels marque un tournant indispensable dans la gestion des infrastructures énergétiques au Cameroun. Après plus de treize ans de gel des prix, la réalité économique impose ses exigences. On ne peut prétendre bâtir une industrie compétitive et une fourniture stable sur un modèle de tarification déconnecté des coûts réels de production. En engageant cette réforme, les autorités font le choix du réalisme budgétaire pour garantir la survie de la Socadel et assurer la pérennité des investissements lourds, à l'instar du projet hydroélectrique de Nachtigal.

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Le maintien artificiel des tarifs depuis 2012 a généré un déséquilibre financier que l’État ne peut plus porter seul. Mobiliser 79 milliards de FCFA de subventions en un seul exercice pour combler les déficits de l’opérateur est une charge qui pèse lourdement sur les finances publiques et limite notre capacité d’investissement dans d’autres secteurs structurants. L’ajustement projeté ne doit pas être perçu comme une sanction, mais comme une mesure de salut public, visant à restaurer la trésorerie d'une filière exsangue. La souveraineté énergétique passe impérativement par une autonomie financière retrouvée, où chaque acteur économique contribue à la juste mesure de sa consommation.


Cependant, la pertinence de cette décision réside dans sa sélectivité. En épargnant les ménages et les petites structures de quartier, le gouvernement réaffirme son rôle de régulateur social, protégeant le pouvoir d'achat des populations les plus vulnérables. Ce rattrapage cible exclusivement les comptes professionnels à forte intensité énergétique, là où la consommation doit rimer avec efficacité. Cette approche différenciée prouve qu'il est possible de mener des réformes de structure sans sacrifier la stabilité sociale, à condition que l'effort soit équitablement réparti entre ceux qui disposent de la plus grande capacité contributive.


L'horizon 2027 impose désormais une obligation de résultat sur la qualité du service. Le consentement à l'effort tarifaire ne sera durable que si les entreprises constatent une réduction effective de la durée des coupures et une meilleure stabilité de la fourniture. Pour la Socadel, ce levier financier s'accompagne d'un devoir d'excellence : la lutte contre la fraude et l'optimisation du recouvrement doivent être menées avec la même rigueur que l'ajustement des prix. En stabilisant les fondamentaux de l'électricité, le Cameroun sécurise le moteur de son industrialisation et pose les jalons d'une prospérité où l'énergie n'est plus une source d'incertitude, mais le socle de notre puissance économique.


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Bonne lecture!


EWC, DP

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bernardo carlos ndjomo
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