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Guerre au Moyen-Orient : Le sucre vaut de l'or...

Dernière mise à jours il y'a 3 jours

Les marchés des matières premières agricoles traversent une zone de fortes turbulences. Le 26 mars 2026, le cours de sucre brut a atteint un sommet inédit depuis cinq mois, s'établissant à 15,94 cents. Ce rebond, qui efface la chute de valeur enregistrée au début du mois, n'est pas le fruit du hasard. Il résulte directement de l'embrasement des tensions entre les États-Unis, Israël et l'Iran, dont l'impact sur les cours du pétrole redéfinit les priorités industrielles des géants de la filière.

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Le mécanisme de cette appréciation repose sur une corrélation énergétique complexe. Au Brésil, premier producteur mondial, la flambée de l'or noir incite les usines à orienter une part croissante de la canne vers la fabrication d'éthanol au détriment du sucre cristallisé. Ce basculement réduit mécaniquement l'offre disponible sur le marché mondial, soutenant ainsi les cours. À cette pression s'ajoutent des entraves logistiques majeures : la fermeture du détroit d'Ormuz a amputé le commerce global de sucre brut de 6 % selon les analystes de Covrig Analytics, étranglant l'approvisionnement des raffineries internationales.

Pourtant, cette poussée de fièvre intervient dans un contexte où les fondamentaux sont théoriquement baissiers. Pour la campagne 2025/2026, le cabinet StoneX anticipe un surplus mondial de 2,86 millions de tonnes, avec une production record projetée à 196,7 millions de tonnes. Ce paradoxe entre une offre abondante et des prix élevés s'explique par l'intense activité des fonds d'investissement. Selon AP Commodities, de nombreux opérateurs parient actuellement sur un retournement des cours. Un mauvais calcul de ces fonds pourrait déclencher un rachat massif de positions, propulsant les prix vers de nouveaux sommets.

L'évolution des prix de la denrée restera étroitement liée à l'instabilité géopolitique au Proche-Orient. Au-delà des risques de conflit, le marché demeure extrêmement vulnérable aux aléas climatiques et aux variations de la demande en biocarburants. Pour les industries agroalimentaires et les importateurs, cette volatilité impose une gestion rigoureuse des stocks, alors que le sucre s'affirme plus que jamais comme une valeur refuge corrélée aux soubresauts de l'énergie mondiale.


Bernardo

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