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Fret maritime : L’Afrique fait les frais de la guerre du Moyen-Orient

Dernière mise à jours il y'a 3 semaine

L'instabilité sécuritaire dans le Golfe et en mer Rouge redessine la géographie du commerce mondial. La confrontation armée impliquant les puissances régionales et internationales exerce une contrainte sans précédent sur les circuits d'approvisionnement reliant l'Asie au continent. Entre le rallongement des trajectoires maritimes, l'explosion des primes d'assurance et l'introduction de taxes exceptionnelles par les transporteurs, les opérateurs économiques font face à un renchérissement brutal des importations.

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Les leaders mondiaux du secteur, à l'instar du danois Maersk, de l'italo-suisse MSC et du français CMA CGM, ont instauré des tarifications de crise pour compenser les risques opérationnels. Depuis début mars, des redevances dites « Emergency Conflict Surcharge » (ECS) frappent les marchandises à destination de plusieurs hubs africains et orientaux. Les expéditions vers le Soudan ou Djibouti subissent des majorations pouvant atteindre 3 000 USD par conteneur. En complément, les cargaisons en provenance du Golfe vers l'Afrique de l'Est supportent des surcoûts oscillant entre 2 000 et 4 000 USD, selon la nature des équipements.

La dégradation du climat sécuritaire impose une révision des itinéraires. La suspension des passages par le détroit de Bab el-Mandeb contraint les navires à contourner l'Afrique par le sud. Le changement de route via le cap de Bonne-Espérance allonge la durée des traversées de 12 jours en moyenne. Parallèlement, le secteur subit le contrecoup d'un baril de pétrole ayant franchi le seuil des 100 dollars, une première en près de quatre ans. L'envolée des prix de l'énergie se traduit par l'application de surcharges de carburant (EBS), alourdissant davantage la facture des chargeurs.

Les conséquences de ce goulot d'étranglement logistique dépassent le simple cadre des ports. La hausse des taux de fret, déjà observée lors des crises précédentes avec des pics de 137 % sur l'axe Shanghai-Afrique de l'Ouest, menace de nourrir l'inflation locale. Les importateurs, confrontés à des primes d'assurance ayant bondi de 50 %, répercutent mécaniquement les charges sur les prix de vente aux consommateurs. La vulnérabilité des économies aux chocs extérieurs se trouve ainsi accentuée, alors que les chaînes de distribution mondiales peinent à retrouver leur fluidité.

Le maintien des tensions géopolitiques assombrit les perspectives commerciales pour le reste de l'exercice. La capacité des marchés à absorber les coûts additionnels reste incertaine. Désormais, la solidité des structures d'approvisionnement dépendra de la stabilisation de la zone de la mer Rouge ou d'une éventuelle accalmie sur le front pétrolier. En attendant, le secteur privé doit naviguer dans un environnement de plus en plus coûteux, où chaque jour de mer supplémentaire pèse sur les marges bénéficiaires et le pouvoir d'achat des populations.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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