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Fourniture d'énergie électrique : L'État obscurcit les activités d'Eneo

Dernière mise à jours il y'a 1 semaine

L'asphyxie financière du système électrique camerounais atteint un seuil de rupture qui ne peut plus être ignoré. L’analyse des comptes de l'énergéticien Eneo révèle une réalité brutale : la machine étatique consomme, mais ne paie qu'avec parcimonie.

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 Pour l'exercice 2024, les administrations publiques et leurs démembrements n'ont consenti qu'un règlement dérisoire de 59 milliards de FCFA, un montant incapable de stabiliser une trésorerie déjà exsangue. Alors que les besoins de réhabilitation des lignes de transport et de distribution crient l'urgence, le premier client du pays  (l'État) s'impose comme son premier débiteur, transformant chaque kilowattheure fourni aux édifices publics en un poids mort pour l'investissement et la fiabilité du réseau national.

L'ardoise ne s'arrête pas aux ministères. Les fleurons de l'industrie parapublique, Alucam et Camwater, n'ont versé qu'un total de 6 milliards de FCFA sur l'année, tandis que les revenus liés à l'éclairage public et à la compensation tarifaire sont restés quasiment nuls. Ce déficit de recouvrement n'est pas qu'une ligne comptable ; c'est un frein direct à la transition énergétique. Sans liquidités, Eneo se trouve dans l'incapacité de moderniser les transformateurs ou d'étendre la couverture électrique vers les zones rurales. Face à cette "singularisation par l'effort moindre", le gouvernement est contraint de passer à l'offensive en ce début d'année 2026. L'objectif est de briser le cycle des impayés par une automatisation radicale des processus de règlement.

La riposte gouvernementale, consignée dans le Compact énergie national, prévoit une série de mesures coercitives sans précédent. Désormais, le Trésor public n'attendra plus le bon vouloir des gestionnaires de crédits. Pour les établissements publics, les factures d'électricité du mois écoulé seront directement intégrées dans le fichier de paiement des salaires du mois suivant. Plus radical encore, les subventions d'exploitation versées aux entreprises d'État chroniquement débitrices seront prélevées à la source pour éponger leurs arriérés. En instaurant cette discipline de fer dès ce premier trimestre 2026, le Cameroun espère assainir durablement le bilan d'Eneo, libérant ainsi les marges de manœuvre nécessaires pour que le courant ne se contente plus de circuler, mais serve enfin de socle à une émergence industrielle qui ne peut se satisfaire d'un réseau à l'agonie.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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